3 décembre 2020
Repenser la guignolée
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

La pandémie explique probablement le plus faible taux de participation à la guignolée. La formule sans porte-à-porte du côté de Belœil et de McMasterville n’a pas permis de recueillir la même quantité de denrées.

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Le Grand chevalier Claude Lebrun, qui a organisé la guignolée à Belœil avec les Chevaliers de Colomb, se fait quand même positif puisqu’il n’était pas prévu qu’une guignolée se tienne en raison de la pandémie. Moins de denrées, donc, c’est mieux que pas de denrées du tout.

Mais il faut maintenant penser au-delà de la pandémie. Pour Claude Lebrun, la pandémie doit donc permettre aux différents organisateurs des guignolées de la région de repenser la formule.

Nous devrons regarder deux choses. La première, c’est qu’une seule guignolée dans le temps des Fêtes ne suffit plus à garnir les tablettes des comptoirs alimentaires. Et ça empire avec les années. Les Chevaliers et le Centre d’action bénévole de la Vallée-du-Richelieu (CABVR), lequel coordonne la guignolée de l’autre côté de la rivière, ont instauré une deuxième guignolée en mi-année pour renflouer leurs stocks.

En octobre dernier, les organisateurs parlaient déjà d’une année 2021 difficile. C’était avant de connaître les chiffres que mon collègue Denis Bélanger révèle dans nos pages cette semaine.
Pour M. Lebrun, une partie de la solution passe par le milieu municipal. Il est clair que les municipalités devront davantage s’impliquer dans la guignolée, probablement par du financement. La formule reste à voir.

Et deuxièmement, il faudra probablement cesser les doublons.Si on consulte le site internet de la Ville de Belœil, par exemple, on souligne que la guignolée sera gérée par les Chevaliers de Colomb et le Grain d’Sel, avec une série de dates et de façons de donner.

Ce qu’on ne nous dit pas, c’est que les deux organismes ne travaillent pas ensemble. En fait, les deux opèrent chacun de leur côté une forme de comptoir alimentaire.
C’est un peu compliqué. Les Chevaliers de Colomb s’occupent de la guignolée depuis un peu plus de 75 ans. L’organisme desserre les villes de Belœil, de Saint-Mathieu et de McMasterville. De l’autre côté de la rivière, c’est le CABVR qui coordonne, car chaque ville, comme Mont-Saint-Hilaire ou Otterburn Park, a un comité.

Et puis il y a la Guignolée des médias. Mais lors de cette journée, même si les sommes amassées restent dans la région, elles ne vont pas aux Chevaliers de Colomb ni au CABVR, mais au Grain d’Sel.
L’organisme offre plusieurs services, notamment des services d’aide alimentaire comme une épicerie à bas prix dans plusieurs municipalités de la région.

Je spécifie que je ne prends pas parti ici, mais nous avons un dédoublement. L’argent qui va à un organisme ne va pas à l’autre et, à la fin, c’est la même tarte qu’on se divise. Quand une boîte de don pour un organisme se trouve sur le comptoir d’un commerce, c’est une place que l’autre organisme ne peut pas occuper. Et ça fait des frictions entre les organismes. Pas des frictions publiques, mais ça vient à nos oreilles. Et la discussion entre les organismes n’est pas… facile, disons.

Mais la population n’y voit que du feu. Parce que pour la population, la guignolée, c’est la guignolée. On donne notre change et nos denrées au premier venu coiffé d’une tuque de Noël qui mentionne le mot guignolée.
Il faudra faire un ménage là-dedans. Mais attendons 2021. En attendant, ce qui compte, c’est de donner. Et vos dons serviront à des gens d’ici.

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