7 novembre 2018
Le syndicat demande l’intervention d’une firme externe pour évaluer le climat de travail
Relations tendues chez nos policiers
Par: Denis Bélanger

Selon la Fraternité des policiers, plusieurs policiers ont fait remarquer que «l’ambiance au travail se dégrade de plus en plus». Photo: Archives

Le climat de travail n’est pas très bon à la division de la gendarmerie à la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL) et l’ambiance se dégrade de plus en plus de l’avis du syndicat qui demande l’intervention d’une ressource externe. Mise au fait de la situation, la direction s’est dite surprise des révélations et entend effectuer les vérifications et les correctifs qui s’imposent.

Dans une communication interne envoyée par la Fraternité des policiers et policières de Richelieu-Saint-Laurent (FPPRSL) à ses membres, dont L’Œil Régional a obtenu copie, certains agents parlent d’un régime de peur et ont même l’impression d’être constamment sous la loupe. «Vous avez aussi parlé du sentiment qui en découle lorsque vous êtes en désaccord avec un membre de la haute direction, de la critique qui s’en suit sous peine de devenir une cible. Aussi certains dossiers semblent être en effet des vengeances», peut-on lire dans la missive.

La partie syndicale souhaite même rencontrer les membres du conseil d’administration de la RIPRSL, soit les élus des municipalités, pour qu’une firme privée vienne faire un diagnostic organisationnel pour ainsi avoir «une image impartiale de la situation». Le syndicat est même prêt à payer la totalité des frais de cette étude s’il le faut. «Nous n’allons pas attendre qu’un de nos policiers pose un geste malheureux à la suite d’une accumulation au travail», insiste-t-on également dans la communication.

Le président de la Fraternité, Alain Bossé, a confirmé par la suite au journal qu’il attendait toujours des nouvelles de l’exécutif de la Régie pour organiser une rencontre avec les élus. Une entrevue a été sollicitée avec le président de la RIPRSL, le maire de Mont-Saint-Hilaire Yves Corriveau, mais ce dernier n’a pas été en mesure de communiquer avec le journaliste.

Surpris
M. Bossé a rencontré Bruno Pasquini, le directeur de la RIPRSL, ainsi que la directrice des ressources humaines. Les deux camps doivent se rencontrer à nouveau. Une réunion syndicale devrait avoir lieu prochainement pour parler du sujet. De son côté, Bruno Pasquini veut faire le tour de ses cadres pour recueillir le plus d’information possible.

En entrevue, le gestionnaire a admis avoir été très surpris des révélations des représentants syndicaux. «En ce moment, les informations que j’ai sont à l’effet que ce sentiment n’est pas partagé par une majorité de policiers. De plus, j’ai peu de faits concrets à ma connaissance et la situation actuelle ne reflète pas ma lecture du climat de travail qui prévaut à la Régie.»

Depuis l’arrivée de M. Pasquini à la direction de la Régie, l’organisation a subi plusieurs changements notamment sur le plan des suivis administratifs, de la formation et des méthodes de travail. Il admet que certains policiers pourraient vivre plus difficilement ces changements. «Néanmoins, je reçois aussi des commentaires d’appréciation de policiers sur ces mêmes changements, renchérit-il. J’ai mentionné aux représentants syndicaux que la direction désire maintenir de bonnes relations de travail, que nous sommes toujours ouverts à se remettre en question si nécessaire.»

 

Pas prêts pour le cannabis

Dans son bulletin Frat Express du 23 octobre, la Fraternité des policiers et policières de Richelieu-Saint-Laurent avance que les agents n’étaient pas prêts pour l’application de la loi sur la légalisation du cannabis.
Le syndicat estime que la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent est en queue de peloton à cet égard.

Le directeur de la Régie, Bruno Pasquini, réfute l’affirmation que son corps de police traîne plus de la patte que d’autres en matière de formation concernant le cannabis. «Le syndicat a seulement un côté de la médaille. Ce n’est pas lui qui reçoit les communiqués du ministre et les consignes de formation de l’École nationale de police. Est-ce qu’on aurait pu être meilleurs? Peut-être. Tous les policiers sont en train de se faire former. Cette semaine, nous aurons pas loin de 80 policiers de formés. C’est une formation qui s’offre en ligne. Si je veux former une dizaine de policiers, je dois louer des ordinateurs.»

Malgré l’explication de M. Pasquini, le président de la Fraternité, Alain Bossé, maintient les critiques. Il avance toutefois que des mesures seront mises en place rapidement à la suite de la communication syndicale. «Nous n’étions pas prêts. Nous avons fait des vérifications. Est-ce que nous étions vraiment en retard? Il y avait d’autres corps policier qui avaient déjà reçu la formation avant même que la loi sorte.»

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