17 février 2016
Réforme du réseau scolaire: la consultation débute dans la controverse
Par: L'Oeil Régional
Pierre Moreau était de retour mardi d'un congé de maladie ayant débuté le jour même de son assermentation le 28 janvier.

Pierre Moreau était de retour mardi d'un congé de maladie ayant débuté le jour même de son assermentation le 28 janvier.

QUÉBEC. La consultation publique sur le projet de loi 86, qui annonce un grand brassage de structures du réseau scolaire, a débuté mardi à l’Assemblée nationale sur fond de controverse.

La loi doit, en principe, revoir la gouvernance scolaire, en limitant les pouvoirs des commissions scolaires, désormais partagés avec les parents, enseignants et directeurs d’école. Québec veut aussi restreindre la possibilité de tenir des élections scolaires.

Promise depuis longtemps par le gouvernement et déposée en décembre, cette réforme de structures, accompagnée d’une révision de la démocratie scolaire, avait été élaborée par les anciens ministres de l’Éducation Yves Bolduc et Pierre Blais, mais elle sera défendue à compter de maintenant par le nouveau titulaire du poste, Pierre Moreau, de retour mardi d’un congé de maladie ayant débuté le jour même de son assermentation le 28 janvier.

M. Moreau n’est donc pas celui qui a conçu le projet de loi controversé. C’était la première fois mardi qu’il se prononçait sur la question et il s’est dit d’emblée disposé à l’amender.

«Est-ce que moi j’aurais écrit la même chose? Cela a peu d’importance», a-t-il dit en point de presse, avant le début des travaux, en promettant de faire preuve «d’ouverture».

Il en aura besoin, car la consultation s’annonce difficile, alors que les voix se multiplient depuis décembre dans le milieu de l’éducation, francophone et anglophone, dans un concert de critiques envers ce projet gouvernemental, présenté comme une des pièces maîtresses du menu législatif de la saison.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal, Catherine Harel-Bourdon, a ouvert le bal en exprimant de sérieuses réserves sur les intentions du gouvernement. Pour favoriser un intérêt plus grand de la population, elle a proposé de jumeler les élections municipales et les élections scolaires, une avenue aussitôt remise en question par le ministre, convaincu que ce n’est pas là le vœu des regroupements municipaux.

Le projet de loi vise surtout à transférer une partie du pouvoir des commissions scolaires aux directeurs d’écoles, aux enseignants et aux parents. Dans ce but, l’actuel conseil des commissaires sera remplacé par un conseil scolaire.

Le porte-parole péquiste en éducation, Alexandre Cloutier, a réaffirmé que «la réussite de nos jeunes devrait être la priorité et non pas le brassage de structures».

Le projet de loi ne remplit pas ses promesses, a renchéri le porte-parole caquiste en éducation, Jean-François Roberge, qui estime que la réforme ne vient d’aucune façon «alléger les structures et il n’y a aucune décentralisation de la prise de décisions et les écoles ne sont pas plus autonomes».

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a fait valoir que pour toutes les personnes préoccupées des coupes à l’école, «la dernière chose dont elles ont envie de discuter c’est de structures».

La Presse Canadienne

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