23 avril 2020
Que dire de la compréhension de ce qu’est la culture à Mont-Saint-Hilaire?
Par: L'Oeil Régional

Je lis la page 5 du dernier numéro du magazine HORIZON qui est distribué à chaque porte de la ville et qui est destiné à informer la population sur les différents projets et activités de la Municipalité et je demeure dubitatif.

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Au départ, l’artiste que je suis est heureux de voir qu’une page complète est consacrée exclusivement à la culture, c’est super, on n’a pas l’habitude de tant d’attention! Jusqu’au moment où je tombe sur la section intitulée « des projets porteurs et rassembleurs » où il y est écrit : « Tous les projets culturels développés à Mont-Saint-Hilaire se veulent porteurs et rassembleurs. Certains se démarquent du lot, comme le projet pilote de marché public à l’été 2019, pour ne citer que celui-ci. Les citoyens ont répondu en grand nombre à l’appel du marché… »
Comment est-il possible de donner l’exemple d’un projet de culture maraîchère pour dire combien l’art est rassembleur? Les expositions du Land art qui, depuis plus de dix ans, attirent les foules et les événements de l’artiste Orniartho lors des fêtes de la Saint-Jean ne sont pas assez rassembleuses, il faut vraiment parler du Marché public comme étant un must de projet artis- tique? C’est quoi le problème, est-ce trop demander de s’attendre à un peu plus de cohérence?
Ce n’est pas tout. Pour illustrer le texte du Marché public, on y a mis une belle photo de laitues et de radis fraîchement cueillis en y ajoutant le crédit d’une quelconque agence qui a fourni la photo, alors que, juste à côté, on a une reproduction de la magnifique œuvre de l’artiste Gaétan Boulais (le Porc-épic), réalisée lors du dernier Land art, sans qu’on lui en donne le crédit ni ne mentionne d’ailleurs que ce travail a été fait lors de la dernière exposition de Land art. Il y a dans nos administrations une méconnaissance crasse des droits d’auteurs et des conditions socio-économiques des artistes et une culture (j’hésite à utiliser ce mot) du secret, du travail fait en autarcie, alors qu’il y a sur notre petit territoire une foule de personnes-ressources et de spécialistes qui ne sont jamais consultés.
Ici, on mélange tout dans un grand foutoir à condition que ça soit rassembleur, qu’il y ait du monde en masse pour satisfaire les statistiques de fréquentation et que ça permette au maire de faire de beaux discours devant les foules. Désolant!
Si nos responsables de la culture ne font pas la différence entre culture, loisirs culturels, médiation culturelle, vie communautaire et agriculture, j’ai peur de voir à quoi ressemblera l’application de la Politique culturelle de la Ville récemment adoptée…

Jocelyn Fiset
Artiste

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