18 mars 2020
Préambule
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Les premiers jours se déroulent sous le signe du sourire. Notre leader rassure. Les enfants se claquent quelques journées de vacances de plus. Beaucoup de gens sont aussi en « vacances ».

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Pour d’autres, c’est la cohue. Je pense aux gens du milieu de la santé ou encore des épiceries pour qui la vie est un peu le bordel depuis quelques jours.
C’est manifestement l’étape du préambule. Le début. Le calme avant la tempête.
Chaque jour, on réalise. Ce commerce qui en arrache déjà, survivra-t-il? Le gym est fermé. Les funérailles, reportées, comme à l’époque du verglas. Les bénévoles de plus de 70 ans qui ne peuvent plus donner de leur temps. La bière entre chums, c’est essentiel ou pas?
Les spectacles sont annulés. C’est dommage. Mais les spectacles-bénéfice aussi. En fait, la plupart des événements-bénéfice. C’est de l’argent perdu. Car si on annonce beaucoup d’argent pour les entreprises, les entrepreneurs ou les familles, rien n’est dit pour le communautaire encore. Mais bon, c’est encore une journée à la fois. Les experts se veulent rassurants.
Mais entre ceux qui profitent d’un congé et les autres qui travaillent sans compter les heures, il y a tous ceux qui vivent un peu au milieu. Je suis de ceux-là. Je ressens déjà le ressac du ralentissement de la vie autour de moi, mais je ne suis pas encore en quarantaine, arpentant les couloirs du bureau alors que le reste de la bâtisse semble bien calme. Jamais trouver une case de stationnement n’aura été aussi facile.
Même les villes sont calmes. J’étais le seul au dépanneur ce matin pour prendre le journal. Le proprio me confirme le calme plat.
Sur les routes, c’est désert. Le Vieux-Belœil était tellement vide que c’est le dos-d’âne qui m’a rappelé que je roulais un peu vite. Mais bon, pas un chat pour traverser les rues. D’ailleurs, faut-il respecter les zones scolaires? Vais assumer que oui.
Seulement mardi matin au moment d’écrire ces mots et je sens déjà que le temps va être très long.
Entre deux crises de papier hygiénique et de bousculades au Costco, je retiens ces mots de François Legault : « Je suis fier d’être québécois ». Le gouvernement venait de recevoir au moins 5000 CV de gens prêts à donner un coup de main pour l’effort de guerre. Le premier ministre n’a pu s’empêcher de se dire fier du peuple et j’avoue avoir ressenti un petit frisson à ces mots.
Maintenant, j’espère que ce sentiment perdura tout au long de la crise. Nous en sommes seulement à quelques jours et force est de croire que les mesures draconiennes de confinement vont perdurer au-delà du 30 mars. C’est seulement là que nous testerons réellement notre résilience et notre force dans l’adversité.
Bon courage à tous, achetez local plus que jamais et tenez-vous loin les uns des autres!

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