14 février 2018
Poursuite d’envergure à Mont-Saint-Hilaire
Par: Denis Bélanger
Plusieurs résidences de la rue des Bernarches sont concernées par la poursuite.  Photos: François Larivière

Plusieurs résidences de la rue des Bernarches sont concernées par la poursuite. Photos: François Larivière

Un promoteur immobilier de Mont-Saint-Hilaire, Jean-Guy Talbot, s’embarque dans une croisade judiciaire de plusieurs millions de dollars en poursuivant près de 50 parties, dont la municipalité, notamment pour utilisation illégale d’infrastructures publiques souterraines.

M. Talbot est propriétaire de l’entreprise de développement immobilier P. Talbot, responsable du projet Le Boisé Ensoleillé, où 15 phases ont été réalisées, comprenant environ 350 résidences. Il dispose aussi de 22 terrains bénéficiant de services municipaux susceptibles d’être construits à court terme.
Le maire Yves Corriveau, son prédécesseur Michel Gilbert, des fonctionnaires municipaux, des promoteurs immobiliers et des résidents du Boisé Ensoleillé sont visés par cette poursuite assez complexe, dont le nom des parties impliquées s’étend sur près de dix pages.
Le point de départ du litige se situe sur la réalisation de travaux d’infrastructures municipales pour des phases du projet résidentiel, qui ont été financés par l’entreprise de M. Talbot. La relation entre l’entrepreneur et la municipalité s’est envenimée à la suite de ces travaux. Dans la poursuite, on allègue entre autres que la Ville a changé le tracé des canalisations d’eaux pluviales pour permettre à un compétiteur d’accaparer illégalement une servitude dans les canalisations conçues et construites par M. Talbot. Ce dernier affirme donc que plusieurs résidents utilisent illégalement les services d’utilité publique. La poursuite a été déposée récemment au palais de justice de Saint-Hyacinthe. M. Talbot, qui n’a pas rappelé le journaliste, a confié le dossier à l’avocat Me Daniel Chénard.
Un entrepreneur paie la défense
L’homme d’affaires de la région José Lobato est également visé dans la poursuite dont le document contient plus de 100 pages, tout comme un de ses anciens partenaires, Luc Racicot, décédé aujourd’hui. José Lobato était propriétaire des terrains qui ont été développés et dont les propriétaires des résidences sont également visés par l’action de M. Talbot. M. Lobato a décidé de mettre les services de son avocat au profit des acheteurs.
Ce groupe de propriétaires est représenté par le fils de Luc Racicot, Me Jean-Félix Racicot. Puisque le dossier vient d’être déposé devant les tribunaux, M. Racicot s’est limité à quelques commentaires. «Nous avons demandé des précisions et il faut s’entendre sur un protocole d’instance.»
L’avocat a indiqué qu’il allait invoquer les clauses du Code civil concernant les poursuites abusives. Si un juge venait à reconnaître qu’une poursuite est abusive, il pourrait entre autres la modifier ou l’invalider.
Pas de commentaires
De son côté, le maire Yves Corriveau a été avare de commentaires sur le sujet étant donné que le dossier est devant les tribunaux. Il a toutefois été amené à parler publiquement de la situation à la séance du conseil municipal du 5 février par le résident du secteur et candidat défait aux dernières élections municipales, Richard Paquette. M. Corriveau a notamment conseillé à M. Paquette d’être très prudent dans ses commentaires, car ils pourraient être retenus contre lui dans un éventuel procès. Rappelons que les assemblées publiques du conseil sont enregistrées et diffusées sur le web. «C’est un dossier extrêmement complexe, reconnaît M. Corriveau. Malheureusement, on ne peut pas empêcher personne de nous poursuivre. On a mis nos avocats sur le dossier, on va se défendre. Nous ne prenons pas ça à la légère […], ne vous inquiétez pas.»

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