19 décembre 2019
Services psychosociaux en CLSC
Plus de 40 % des usagers attendent plus de 30 jours pour un service
Par: Sarah-Eve Charland

Près de 1370 usagers ont bénéficié des services de nature psychosociale au CLSC des Patriotes en 2018-2019. Photothèque | L’Œil Régional ©

La proportion des usagers qui réussissent à obtenir un premier service de nature psychosociale en 30 jours dans les CLSC du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) Montérégie-Est se situait à 57,8 % pour l’année 2018-2019, un résultat plutôt stable qui ne se rapproche pas de la cible que s’est fixée l’établissement.

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La cible établie était de 75 %. Le résultat est identique à l’année précédente. Dans le RLS Richelieu-Yamaska, 60,8 % des premiers services de nature psychosociale sont donnés dans un délai de 30 jours. Au CLSC des Patriotes, qui inclut le centre de services à Belœil et à Saint-Bruno-de-Montarville, 1370 usagers ont bénéficié de ces services en 2018-2019. Une même personne peut avoir été comptabilisée deux fois, si elle a visité les deux installations.

Les services de nature psychosociale englobent notamment ceux touchant la santé mentale, les services jeunesse, la déficience intellectuelle et le trouble du spectre de l’autisme.

Selon le CISSS, cet indicateur regroupe plusieurs types de clientèle dont les services sont très variables en termes de délais. Par exemple, on estime un délai de deux heures pour un programme d’intervention de crise et un délai d’un an pour un plan d’accès en déficience. L’organisation estime donc difficile d’interpréter les résultats.

Afin d’améliorer les résultats, l’organisation a mis en place un mécanisme d’accès ayant pour objectif d’offrir des services pour les jeunes en difficulté depuis le 1er avril. En santé mentale, les mécanismes d’accès ont aussi été revus.

Pénurie de main-d’œuvre

L’un des facteurs qui a influencé l’atteinte des objectifs selon le CISSS est la pénurie de main-d’œuvre. L’indicateur ne tient pas compte des volumes desservis. Alors que les ressources demeurent stables, le CISSS constate une hausse du nombre d’usagers.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS) estime que l’une des solutions est de travailler à consolider les équipes. Alors que les nouvelles dispositions locales viennent d’entrer en vigueur et que de nombreux postes sont affichés, il est difficile de connaître à quoi ressemblent les équipes.

« Consolidons les équipes. Assurons-nous que les équipes sont complètes pour voir quels sont les rendements. Dans un contexte où on a des équipes déjà fragilisées, de demander de produire plus, c’est sûr que ça crée des inquiétudes », affirme la représentante politique de l’APTS, Émilie Charbonneau.

Les échanges entre le syndicat et l’employeur s’améliorent, assure-t-elle. Des discussions sont notamment en cours pour rehausser les conditions de travail des employés.

« Mon constat personnel, c’est qu’on est à l’aboutissement de 15 ans d’austérité dans le réseau de la santé. Les gens ont tenu le réseau de la santé à bout de bras. Ils sont fatigués. […] On observe un discours différent [de l’employeur]. Le réseau de la santé n’est pas une dépense, mais un investissement. On sent ce discours », mentionne Mme Charbonneau.

L’APTS accueille bien les nouveaux mécanismes visant à améliorer l’accès aux services de nature psychosociale en CLSC, notamment celui touchant la clientèle jeunesse, même s’il garde certaines craintes.

« Sur papier, c’est un beau projet. Le but est d’offrir des services aux familles et aux enfants plus rapidement pour éviter qu’il y ait à la fin un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) », souligne de son côté le représentant syndical Joël Bélanger. « On reste en vigie de ce côté-là », ajoute Mme Charbonneau.

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