9 juin 2021
Des célébrations festives pour les finissants
Par: Sarah-Eve Charland

L’école secondaire Ozias-Leduc organise une journée des finissants semblable à celle de l’année dernière, mais en version bonifiée. Photothèque | L’Œil Régional ©

Pour une deuxième année consécutive, les célébrations entourant la fin du secondaire auront un goût amer. Alors qu’ils ont dû passer l’année en bulle-classe, les finissants de la région devront souligner l’obtention de leur diplôme avec ces mêmes groupes en disant au revoir à la possibilité d’un bal, un véritable casse-tête pour les directions d’école.

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« Oui, les élèves méritent mieux, je pense. Oui, on aurait aimé faire un bal. Au-delà de ce que je pense, que je sois d’accord ou pas, comme école, je n’ai pas le choix de respecter les consignes sanitaires. Ce bout-là, on n’a pas le contrôle là-dessus. […] On a essayé de faire attention aux petits détails. Il y a beaucoup de choses qu’on ne contrôle pas. Pour que ce soit plus beau, par exemple, on a acheté des masques de procédure noirs. Je pense que les élèves l’apprécient parce qu’ils voient qu’on fait un effort », souligne le technicien en loisirs de l’école secondaire Ozias-Leduc, Éric Viola.

L’école travaille sur ses activités pour les finissants depuis le mois de janvier. Bien que les règles sanitaires n’étaient pas déterminées à ce moment, le technicien en loisirs assure avoir organisé la journée des finissants en prévoyant le pire. « L’annonce ne nous a pas pris de court en toute honnêteté. On s’est mis à planifier pour le pire en se disant qu’on pourra l’adapter au mieux. C’est moins décourageant de l’adapter au mieux que de l’adapter au pire », poursuit-il.

Dans ce cas-ci, le mieux, c’est que l’école pourra rassembler les élèves tant qu’elle respecte les bulles-classes et la distance de deux mètres entre chaque bulle-classe. Ozias-Leduc comptera près de 300 finissants cette année. Elle ne pourra pas rassembler l’école au complet, mais le fera par programme.

« Nous avions deux priorités. La première était de les rassembler, mais c’est plus ou moins possible. La deuxième était d’impliquer les parents. C’est un moment important pour les finissants, c’est clair, mais c’est aussi un moment important pour les parents. Les élèves sont jeunes. Ils arrivent au bout du chemin. Ils entrent dans le monde adulte. On voulait conjuguer les deux ensemble », raconte M. Viola.

C’est ce qui ressort chez chacune des écoles secondaires de la région. Il était important de permettre la diffusion des célébrations afin d’offrir aux parents la possibilité d’y participer même s’ils ne peuvent être présents sur les lieux. Chacune à sa façon permettra aux parents d’y participer.

Par bulle-classe, les élèves pourront traverser le tapis rouge, se rassembler en classe pour enfiler toge et mortier, et recevoir leur diplôme dans l’auditorium le 23 juin. La remise des diplômes sera filmée et montée afin de la rendre disponible en vidéo le 25 juin. Les élèves pourront l’écouter avec leurs parents. Ils pourront aussi signer une tuile du plafond de la classe dans laquelle ils ont passé l’année. La tuile sera réinstallée par la suite.

« C’est la première fois depuis bien longtemps que le 5e secondaire s’est déroulé en groupes fermés et que les jeunes sont restés dans le même local durant toute l’année. On va décrocher une tuile du plafond et on va leur demander de la signer. Ça va rester là aussi longtemps qu’on va pouvoir. Pour dire : l’année COVID qui a été spéciale, ce sont ces élèves-là qui l’ont vécue. On trouvait que c’était une belle façon de souligner cette année spéciale », ajoute M. Viola.

Se rassembler tous ensemble

La bonne nouvelle pour la directrice adjointe secondaire 5 à l’école secondaire Polybel, Tiffany Senécal, c’est que les balises imposées par le gouvernement du Québec permettront la tenue d’un gala pour l’ensemble des finissants. Avec 197 finissants et 318 places dans l’auditorium, il sera possible d’accueillir tous les élèves au même endroit en respectant les bulles-classes et la distanciation entre les groupes. On y remettra les diplômes, des certificats honorifiques et des mentions spéciales.

« Au moins, ils vont pouvoir être tous ensemble, ce qui n’est jamais arrivé cette année. Il y en a qui ont des amis dans d’autres classes. Et puis, à part dîner à l’extérieur, ils ne se voient à peu près pas. Ils vont pouvoir voir leurs amis passer sur scène. Là, on va pouvoir se dire ensemble : on a passé à travers cette année difficile, et je dirais même deux années difficiles », affirme Mme Senécal.

À mi-chemin entre un bal et une remise des diplômes

Alors que les deux écoles secondaires publiques n’ont pas envisagé de servir un repas, le Collège Saint-Hilaire offrira un dîner gastronomique aux finissants, qui mangeront par bulle-classe afin de se rapprocher le plus possible d’un vrai bal. Le gymnase sera décoré afin qu’il ait des allures de salle de réception. Le collège compte 102 finissants cette année.

« Bien qu’on ne puisse pas réaliser les traditionnels bals des finissants et collations des grades comme nous avions l’habitude de les vivre, nous avons pensé un événement qui se veut à mi-chemin entre les deux et qui respecte en tous points les directives de la santé publique. Il est important pour nous que nos finissants puissent célébrer ce moment marquant de leur vie, malgré les circonstances. Nous tenions à ce qu’ils s’en souviennent longtemps », explique la responsable de la vie étudiante, Caroline Belzile-Pelletier.

L’événement se tiendra le 22 juin et regroupera, entre autres, une remise de diplômes, des prestations musicales et une remise de prix citron.

Déceptions malgré tout

Lorsque le gouvernement a annoncé les mesures entourant le déconfinement il y a deux semaines, les élèves et les parents espéraient plus, reconnaît le technicien en loisirs à Ozias-Leduc. « Plutôt que de laisser ça escalader, on a tout de suite fait une tournée dans les classes avec la direction. J’ai aussi fait une vidéo sur Facebook pour clarifier la situation. Au début, on parlait de remise de diplôme. Ce que j’ai réalisé, c’est que pour les élèves, une remise des diplômes, c’est quelque chose de très formel et très protocolaire. Mais, ce n’est pas juste une remise des diplômes, c’est beaucoup plus que ça. C’est une journée des finissants. »

Au moment de mettre sous presse, le gouvernement du Québec venait de permettre la tenue de bals des finissants en juillet.

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