13 octobre 2021
Pas dans ma cour
Par: Vincent Guilbault

Pas une semaine ne passe sans que la fameuse expression « pas dans ma cour » s’impose dans le quotidien de notre région. Encore dans nos pages cette semaine, des résidents de Belœil se sont plaints de l’afflux de gens au terrain de basket; à Mont-Saint-Hilaire, des résidents ont critiqué la mise sur pied d’un terrain de disque-golf dans un parc de la ville.

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Et les exemples pullulent de semaine en semaine. Nous pouvons penser aux résidents d’Otterburn Park qui ne veulent pas d’un nouveau quartier derrière leur maison. Aux propriétaires qui ne veulent pas d’un parc canin sur la rue Radisson, à Belœil. D’ailleurs, la venue d’un parc canin vient toujours avec son lot de controverses et d’opposants dans le coin.

Il faut bien sûr prendre chacun de ces sujets de façon isolée. Un parc à chien n’est pas un terrain de basket bruyant et un terrain de disque-golf n’est pas un nouveau centre commercial avec 21 logements par hectare. Mais il faut tout de même y voir certaines similitudes. Nous nous trouvons souvent devant un conflit opposant le droit individuel à la quiétude au droit collectif de la qualité de vie. Les résidents de Belœil peuvent espérer avoir accès à un terrain de basket. Et clairement, l’activité attire les foules. Mais les voisins ont aussi droit à la quiétude. C’était le même débat avec le bruit causé par le dek hockey, toujours à Belœil, il y a quelques semaines.

Alors il faut trancher. Quel droit prime? Comme c’est souvent le cas, il est difficile, voire impossible, de trancher. C’est du cas par cas et il n’y a pas de bonne réponse.

Peut-être deux petites pistes de discussion, tout de même. D’abord, ces problèmes seront de plus en plus fréquents dans nos municipalités, ici dans la région. Les terrains vacants se font de plus en plus rares et les élus n’ont d’autre choix que de « construire la ville par en dedans ». Mais il reste encore un peu de place. Il est donc important de cesser de concevoir les prochains développements comme des bulles, ou des microvilles à l’intérieur de la ville, laissées aux bons soins des promoteurs. Des quartiers qui ne sont pas simplement des lieux dortoirs avec des maisons en série. Mais j’ai ce sentiment que les promoteurs, bien plus que les urbanistes de métier, décident du développement de nos villes.

Puis la deuxième piste de discussion, c’est peut-être d’accorder un peu plus d’importance à la voix du voisinage qui doit accueillir une nouvelle infrastructure que celle du reste des citoyens de la ville. Quand la Ville de Belœil a décidé d’installer le parc canin sur la rue Radisson, par exemple, elle a défendu sa position en soulignant qu’un comité citoyen avait ciblé cet endroit. C’est bien beau, mais si on avait sondé les résidents du secteur, la réponse n’aurait peut-être pas été la même.

Même chose avec le terrain de basket. On veut tous savoir que les jeunes pratiquent du sport et s’amusent. On ne veut juste pas être présents pour entendre le bruit du ballon cogner au sol toute la journée. Alors, quel sort réserve-t-on au terrain de basket? Je n’en ai aucune idée. Y aurait peut-être fallu y penser avant! Mais bon, rencontrer les résidents du coin serait peut-être la première étape.

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