14 mars 2018
Oui, il y a une fille
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Désolé du retard, mais j’aime toujours me prononcer sur le féminisme lors de la Journée internationale des femmes. Mais cette année, ils ont placé la journée pendant la relâche (!).

Toujours un sujet dangereux. Peu importe tes mots, ils seront d’abord mal interprétés. Et une fois interprétés, ils seront polarisants.
Pas grave. Je continue de me déclarer féministe pour plusieurs raisons, malgré certaines exagérations du mouvement. C’est à cause du pendule.
Ma théorie du pendule? Ouais, pas super scientifique. Je me dis que pendant longtemps (et encore aujourd’hui), le balancier était du côté des hommes blancs hétéros, tout en haut. Maintenant, on veut le ramener au centre, proposer une société équilibrée. Mais lorsque le pendule revient au centre, il va nécessairement faire un tour de l’autre côté avant. Et ça cause du dommage. C’est ben plate les gars, mais on va devoir se faire un peu écorcher dans ce chemin vers l’équité. Les mouvements comme #moiaussi sont nécessaires, même si certaines dérives vont faire mal à l’homme. On devrait s’en remettre. Les femmes, elles, s’en remettent malgré la domination de l’homme.
Donc c’est pour ça que je suis encore féministe. Parce que je veux l’égalité, le pendule au centre. Parce que je reconnais que mon statut d’homme blanc hétéro ne m’a pas tellement nui dans la vie. Je n’ai jamais dû justifier mon orientation sexuelle. J’ai le droit de me fâcher sans être une hystérique, ça ne me coûte pas plus cher pour m’habiller ou acheter des produits hygiéniques parce que je suis un homme.
Je ne me pose pas de questions lorsque je consomme la culture. C’était le gros scandale cette semaine avec Louis-Jean Cormier. Même en culture, l’idée de la parité ne fait pas consensus.
Même lorsque j’écoute un film. Moi, ça ne me frappe pas. En fait, ça me frappe maintenant que j’ai une fille.
Une jeune fille qui tripe sur les films de super héros. Lorsque je propose un film, je regarde ma fille. «Oui chérie, il y a une fille dans le film.»
Elle sourit. Sinon, elle ne veut pas écouter le film.
Je comprends. Petit, je voulais être Batman ou Superman. Elle ne veut pas être Batman. Mais Wonder Woman, oui. Pensez-y les gars. Et si tu oses mettre en vedette une femme comme personnage principal, comme l’a fait Disney avec les films de Star Wars, on accuse les producteurs d’avoir un agenda féministe radical. Toujours sur les œufs.
Je cesserai d’être féministe lorsque mon garçon me demandera si dans le film, il y a un super héros garçon. Pas vrai, je vais arrêter d’être féministe lorsqu’il n’y aura plus d’iniquité salariale, d’excision, de taxes roses, de régulation des naissances, de burka, d’un manque de parité des sexes ou de place pour les femmes dans les rôles réservés aux hommes.
Vais surement mourir féministe!

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