30 juin 2016
On perd des « couilles »
Par: Denis Bélanger
Montreal Canadiens' P.K. Subban celebrates after scoring the winning goal against the Calgary Flames during overtime National Hockey League action Monday, January 17, 2011  in Montreal. THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

Montreal Canadiens' P.K. Subban celebrates after scoring the winning goal against the Calgary Flames during overtime National Hockey League action Monday, January 17, 2011 in Montreal. THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz

Ma chronique de la semaine était déjà écrite, mais je l’ai mise sur la tablette pour réagir à l’échange de P.K. Subban. En fait, je n’analyserai pas en profondeur la transaction. Je ne crois d’ailleurs pas que le Canadien est perdant dans cette histoire. Non, je veux plutôt rendre hommage à un athlète qui a «des couilles de béton», je parle de cran bien sûr.

Montréal n’est pas un marché facile et certains ont de la difficulté à vivre avec cette étouffante pression. Rappelez-vous que ça a pris du temps à Carey Price à s’acclimater à l’environnement de Montréal. Vous vous souvenez qu’il avait même avoué qu’il trouvait ça pénible de ne pas pouvoir faire ses courses dans l’anonymat.

Subban, lui, carburait à la pression et à l’attention. Subban va peut-être s’offusquer du fait que les gens de Nashville ne l’aborderont pas dans les rues de la capitale de la musique country.  Ces dernières années, il s’est toujours montré comme l’un des meilleurs de son équipe. Je suis certain que sa confiance n’aurait été que galvanisée davantage avec le titre de capitaine. J’ai été impressionné de la façon qu’il a réagi aux propos que Guy Lafleur a tenus à son endroit. Il est bon, il le sait et s’assume. Il est hors de question pour lui de croire qu’on est né pour un petit pain.

Oui, P.K. Subban avait parfois le comportement d’une tête folle, mais il ne reculait devant rien. De nos jours, à cause des conventions, de la peur d’offusquer, des firmes de relations publiques ainsi que des relationnistes, on a peur de s’exprimer. Mais pas P.K. Je compare son niveau de confiance et d’exubérance à celui de Jean Pascal, pour qui j’ai aussi de l’admiration. P.K. Subban était taillé sur mesure pour le marché de Montréal.

Peut-être qu’il est était dérangeant. Peut-être qu’on le trouvait trop intense. Mais il était lui-même.

La personnalité de Subban était encore plus forte que Kovalev, l’autre joueur le plus flamboyant que Montréal a eu ces 20 dernières années. Mais Subban a quelque chose de plus. Les gens ont raison de pleurer un peu. On a toujours de la peine quand on perd un bon ami.

Mais malgré mon ode envers P.K., j’estime qu’il ne faut pas être émotif et crier à l’arnaque du siècle. Pour l’instant, le Tricolore n’est pas perdant comme il l’a été en 1995 quand il a échangé Patrick Roy. La vie continue. 

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