6 décembre 2017
Notre montagne
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Le ski de fond sera toléré sur la montagne en 2018. Trop peu trop tard. J’ai suivi le débat avec un œil curieux, mais profane. Je ne suis pas fondeur. Je suis encore moins spécialiste en biodiversité et en préservation.

Je m’y connais un peu plus en relation publique toutefois et là, je peux dire que l’Université McGill a un peu échappé la balle au bond. La direction prévoit que l’année 2018 sera celle des communications, des changements et des échanges avec le public. Pour les changements, c’est bien parti. Pour les communications, faudra revoir la stratégie. Devant une demande d’entrevue au lendemain de la rencontre avec les skieurs, McGill n’a pas voulu nous répondre directement, préférant nous référer à leur page Facebook…
Un dossier aussi banal, si je peux m’exprimer ainsi, n’aurait pas dû faire autant de vague. Le nombre de skieurs est marginal dans la montagne et ils se font de moins en moins nombreux. Leur retirer le droit d’utiliser les pistes aurait pu se faire graduellement, avec de meilleures explications. La rencontre d’information sur la question, aux dires des participants, n’a pas été très concluante.
Peut-être que le ski endommage réellement les sentiers, surtout s’il est couplé à un nombre grandissant de marcheurs et à une plus grande présence humaine. Probablement même; je n’ai pas envie de remettre en doute les conclusions des chercheurs, je ne suis pas du genre à m’obstiner avec la science. Mais je suis persuadé que l’activité n’aurait pas abîmé l’écosystème jusqu’au point de non-retour si nous avions décidé de retirer l’activité graduellement.
Le problème n’est pas scientifique, j’ose croire. Dans mes différentes discussions, j’ai senti un détachement de la part de McGill; on a l’impression que le changement promis passe un peu par l’isolationnisme.
Déjà, dans le vocabulaire; lors de nos entretiens avec la direction de McGill, certains n’hésitent pas à nous remettre à l’ordre en nous rappelant qu’il ne s’agit pas de la montagne, mais bien de la Réserve naturelle Gault. Oui, je comprends l’idée, mais lorsque je regarde par la fenêtre du bureau, je vois une montagne. On sent aussi que l’Université veut réaffirmer son statut de propriétaire de la réserve. On sent que le public dérange, qu’il s’approprie trop la montagne (oups, je veux dire la réserve).
Je comprends la mission de la Réserve, celle de la conservation, de la recherche et de l’éducation. Nous pouvons aussi être fiers que la Réserve devienne officiellement le troisième campus de l’Université McGill, comme nous le rapportions dans nos pages la semaine dernière. D’importantes recherches se déroulent ici. Mais même si sur papier, la montagne appartient à McGill, dans les faits, elle appartient à tout le monde. Elle est dans notre décor, sur nos armoiries, dans nos stratégies touristiques, dans notre assiette par ses vergers, dans notre quotidien; dans le nom même de la Ville qui l’entoure. C’est notre montagne, et je pense que l’Université doit y jouer un rôle de gardien, et non pas de propriétaire terrien.
On semble vouloir corriger le tir en tolérant le ski une saison de plus. «L’année des changements et des communications» pour 2018… Parfait! Assurons-nous de miser sur les deux aspects équitablement.

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