19 avril 2018
Nissan LEAF 2018 : vers l’infini? Pas encore…
Par: Marc Bouchard

Photo Marc Bouchard

La Nissan LEAF a changé. Du tout au tout. En fait, pour 2018, elle est passée du statut de soucoupe volante au design un peu étrange à celui de véritable voiture, et ce, en augmentant son autonomie (rappelons que la Nissan LEAF est une voiture 100 % électrique) jusqu’à 241 kilomètres.

Ma première impression, au moment du dévoilement de la voiture, avait été mitigée. Oui, j’en appréciais davantage le style, mais les 241 kilomètres proposés me semblaient encore un peu justes. Je dois faire ici amende honorable : même si on est encore loin de répondre à mes besoins, je dois me rendre à l’évidence, les 241 kilomètres sont largement suffisants pour la majorité des conducteurs afin de remplir leurs besoins quotidiens.

Évidemment, la conduite de la Nissan LEAF n’est pas encore la plus exaltante, mais il faut bien avouer que cette nouvelle mouture améliore considérablement le sort de l’ancienne version.

En promenade

C’est dans la région de l’Outaouais et dans les rues d’Ottawa que j’ai eu l’occasion de mettre à l’épreuve la nouvelle Nissan LEAF au moment de son lancement canadien auprès des journalistes. À mes côtés, un collègue et ami, mais aussi propriétaire d’une Nissan LEAF d’ancienne génération. Qui de mieux pour comparer les deux?

Au petit matin, la voiture bien branchée dans le stationnement de l’hôtel affichait une autonomie potentielle de 246 kilomètres. Déjà, on améliorait notre sort. Précisons cependant qu’au terme de la journée, alors que nous avions roulé quelque 120 kilomètres, elle avait perdu l’équivalent de 160 kilomètres. Sans doute ma façon de conduire et l’abondance d’autoroutes ont-elles contribué à cette diminution plus rapide que prévu.

Dès le départ, on nous avait présenté les deux technologies les plus nouvelles de la voiture : le Pro Pilot Assist et la e-Pedal. Le Pro Pilot Assist n’est somme toute qu’un régulateur de vitesse intelligent qui ajoute le maintien en voie. En d’autres mots, il permet à la voiture de garder toujours une distance sécuritaire avec celle qui la précède, allant jusqu’à l’arrêt complet, et corrigera la trajectoire si jamais vous dépassez les lignes par inadvertance.

Quant à la e-Pedal, j’avoue que, ici aussi, je dois faire mon mea culpa. Au moment du dévoilement dans les grands salons, je jugeais cette technologie un peu inutile et vraiment trop gadget pour être efficace. Après l’avoir utilisée pendant une journée, je regrette son absence sur les autres véhicules. Ici aussi, une petite explication s’impose : la e-Pedal permet de conduire en utilisant seulement la pédale d’accélérateur. En appuyant, on accélère, en la relâchant, la voiture freine (allumant au passage les feux de freinage), allant jusqu’à l’arrêt complet. On peut alors moduler totalement le contrôle de la voiture.

Pour l’avoir testée en conduite un peu plus dynamique sur les routes sinueuses de l’Outaouais, j’avoue m’y être rapidement habitué, même si à la première relâche, le freinage a été un peu plus brusque que prévu, mon visage frôlant de près le volant.

Une mécanique revue

On n’achète pas la Nissan LEAF uniquement pour le freinage, évidemment. Son moteur électrique compte sur une batterie de 40 kWh, pour une autonomie anticipée de 241 kilomètres. La puissance du moteur a été rehaussée à 147 chevaux et le couple à 236 livres-pied.

On a aussi amélioré la durée de recharge, allant de 40 minutes pour 80 % de la charge sur une borne de recharge rapide publique à 7,5 heures sur une borne domestique de 240 V. Quant à celle sur la prise de maison traditionnelle, on peut l’oublier : il faut 35 heures pour un plein complet! Un bémol : on a conservé la batterie refroidie à l’air, ce qui ajoute une contrainte en hiver.

Ajoutons que la LEAF arrive de série avec un câble de recharge de niveau L1 et L2, ce qui permet de ne pas installer de borne à la maison, mais seulement une prise de 240 V.

Un bon mot aussi pour le look, moins extra-terrestre que l’ancienne génération avec les phares en boomerang et la grille en V typique de Nissan, et pour la qualité de la finition intérieure, nettement améliorée face à la version sortante.

Avec ses 241 kilomètres d’autonomie et sa conduite plus agréable, sans compter un prix de base de 35 998 $ (avant transport et surtout avant le rabais de 8 000 $), la nouvelle Nissan LEAF pourrait bien conserver son titre de meilleur vendeur électrique au monde. Mais je dois avouer que j’ai bien hâte à 2019 pour avoir une batterie de 60 kWh qui sera encore plus puissante!

image