22 octobre 2020
Mort-né
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Réginald Gagnon a raison : le projet du golf est mort-né. Difficile pour moi de ne pas être d’accord avec la prémisse de son mémoire puisque je disais la même chose en octobre 2019 lorsque les rumeurs de constructions sur le terrain du Golf Belœil sont venues jusqu’à nos oreilles.

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Le conseiller municipal de Belœil est lucide. Oublions les consultations et les sondages un instant. Rappelons seulement que la construction de plusieurs unités de logement sur le terrain du golf est impossible pour le moment. Pour ce faire, il faut modifier le zonage actuel qui permet seulement un golf et un parc. Une modification de zonage passe par tout le processus d’un registre et même d’un potentiel référendum et seuls les résidents contigus au terrain pourront donner leur aval au projet.
Le nœud du problème reste donc de convaincre les voisins du terrain. Et pensez-vous vraiment qu’ils voudront d’un bâtiment de plusieurs étages et une augmentation du nombre de voitures dans leur rue? Pire, ils ne voudront pas perdre la vue sur la montagne. C’est sacré dans la région avoir une fenêtre vers la montagne. Je sais, je la vois presque de mon bureau, entre deux poteaux de téléphone. J’en ai le souffle coupé!
Réginald Gagnon ajoute, et je paraphrase, qu’il doute que les riverains du terrain veuillent accepter le bâtiment juste pour sauver le club et pour plaire à des privilégiés qui ne viennent même pas de Belœil. Un peu direct, mais dans le mille.
Je disais ceci en 2019 : « Ce n’est pas la première fois que les propriétaires du terrain veulent céder une partie de leur terrain. Souvenons-nous seulement il y a un peu plus de dix ans de cette volonté de vendre la devanture, soit la partie riveraine à la 116, pour y permettre la construction d’un bâtiment commercial. Le tollé aura bloqué le projet. » Qu’est-ce qui a changé depuis?
Comme M. Gagnon, je pense que le zonage n’est pas près de changer, même si les gens du golf étudient toutes les options et distribuent à tout vent des pamphlets pour dire, « sondage à l’appui », que les résidents de Belœil sont derrière eux (ça, faudra voir). Reste que les résidents qu’il faudra convaincre sont les propriétaires d’une maison longeant le terrain. Les sondages ne valent pas une signature. Et à défaut de me répéter, ce n’est pas gagné.
Ma collègue présente le mémoire de M. Gagnon cette semaine (voir page 3), un mémoire qu’il dépose à titre de citoyen. Je ne m’étendrai pas sur les mérites ou les détails de la proposition. J’en retiendrai ceci : pensons en dehors de la boîte. Toute cette affaire ressemble à un faux dilemme : un parc nature ou un complexe d’habitation, une hausse de taxes ou une vente, des arbres ou du béton. C’est clair que j’aime mieux des arbres que du béton, voyons donc. Mais le débat n’est plus là.
Pourquoi pas les deux? Ou un mélange? Une proposition qui pourrait obtenir l’acceptabilité sociale des riverains, mais aussi plaire aux actionnaires du terrain? Pourquoi faut-il que notre premier réflexe devant un terrain inoccupé soit d’y installer un bâtiment ou une tour?
Il n’est pas trop tard pour retourner à la table à dessin!

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