11 septembre 2019
Projet de la rue Saint-Georges
Mont-Saint-Hilaire donne le feu vert
Par: Denis Bélanger

Brigitte Minier. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Le projet de la rue Saint-Georges à Mont-Saint-Hilaire est maintenant conforme aux règlements de la Ville de Mont-Saint-Hilaire. Un principal obstacle demeure pour amorcer les travaux, soit une injonction provisoire émise par la cour qui pourrait être levée cette semaine.

Les élus de Mont-Saint-Hilaire ont adopté lors de la séance ordinaire du 3 septembre dernier plusieurs résolutions concernant le projet articulé autour du déménagement de l’épicerie IGA Marche Pepin. La Ville a notamment retiré du domaine public un lot qu’elle vend au promoteur Odacité. La promesse d’achat à cet effet avait été faite en séance extraordinaire en juin. Le greffier adjoint a admis que cette résolution aurait dû être adoptée avant l’acceptation de l’offre d’achat.

L’autre importante résolution adoptée est l’attribution d’une dérogation mineure, permettant au projet d’être conforme au règlement de zonage. Au départ, il devait y avoir plusieurs dérogations mineures à adopter, mais la majorité d’entre elles sont devenues inutiles avec l’entrée en vigueur en août du règlement de zonage qui était auparavant contesté.

Décision difficile
Le conseiller Louis Toner a demandé entre autres pour le point sur la dérogation mineure le vote, mais a été le seul à s’y opposer. Christine Imbeau était absente en raison d’une intervention chirurgicale. Jean-Pierre Brault, Emile Grenon Gilbert et Sylvain Houle, qui a été fait porte-parole du sujet à la suite des différents événements survenus cet été à Mont-Saint-Hilaire, ont voté sans hésitation en faveur.

Bien qu’elle ait voté favorablement sur d’autres résolutions concernant la rue Saint-Georges, Brigitte Minier a mis du temps à se décider. Elle aurait souhaité s’abstenir de voter, mais les règlements l’interdisent, et a demandé à voter la dernière pour avoir plus de temps de réflexion.
« J’entends votre colère depuis longtemps, a-t-elle dit aux citoyens présents à la séance publique. J’ai toujours voté oui. Pour moi, c’était un projet audacieux. Nous ne sommes pas habitués à avoir ici ce genre de bâtiment. Je conviens que ce n’est pas le cachet qu’on aurait souhaité. Malheureusement, nous sommes tous rendus dans un développement social où il faut avoir des commerces et des rues de proximité. C’est la tangente qu’ont les gouvernements. »

Mme Minier a aussi ajouté qu’un vote défavorable de sa part aurait pu entraîner des conséquences financières. « Le projet est allé très loin. Si le projet est avorté, il y a énormément d’argent en jeu quand même. […] Il risque d’y avoir les contrecoups et il va falloir que vous le compreniez, car ça va couter des millions. »

Opposition virulente
L’atmosphère a été assez houleuse quand les citoyens ont pu venir s’exprimer sur l’adoption des dérogations mineures. François Tardif, le propriétaire de la boulangerie Le Pain dans les Voiles, voisin du futur bâtiment d’Odacité, a été un des nombreux à se prononcer contre l’adoption de la dérogation mineure. Il avait déposé le mois dernier un document étayant son argumentation pour toutes les dérogations mineures alors à l’étude. Rappelons qu’il estime que le projet causera du tort pour son entreprise étant donné qu’il perd ses espaces de stationnement à l’avant.

Cri du cœur des employés
Une lettre a été envoyée la semaine précédente au maire Yves Corriveau par les employés du Marché Pepin de Mont-Saint-Hilaire pour lui demander de tout faire pour que le projet se réalise. Le bail du local actuel du IGA prend fin le 31 janvier prochain et Odacité assure qu’aucune prolongation n’a été accordée en ce moment.

« Avec tout le tumulte entourant le projet aujourd’hui, nous avouons très humblement avoir peur [pour] nos emplois. Ce sont tous nos postes qui sont mis en jeux si nous n’obtenons pas de prolongation de bail […] », peut-on lire sur la lettre publiée sur Facebook par un représentant du promoteur.

Rendez-vous à la cour
Toutes les parties impliquées dans le dossier se présenteront au palais de justice de Montréal les 11 et 12 septembre pour débattre du bien-fondé d’imposer une injonction. Le Metro de Mont-Saint-Hilaire, maintenant appuyé dans sa démarche judiciaire par Le Pain dans les Voiles et L’Eau Vive, a déposé une poursuite pour invalider le plan particulier d’urbanisme de la Ville de Mont-Saint-Hilaire et demandé au tribunal d’empêcher tous travaux le temps d’entendre la cause. Une injonction provisoire a été accordée en juillet après qu’Odacité ait obtenu un permis partiel de construction.

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