30 septembre 2021
Depuis le déconfinement
Mont-Saint-Hilaire aux prises avec un problème de vandalisme
Par: Denis Bélanger

Le quai municipal a été un lieu de rassemblement privilégié pour les jeunes. Photo Robert Gosselin | L’OEil Régional ©

Les mesures sanitaires restrictives liées à la pandémie ont eu des effets négatifs sur le comportement de plusieurs jeunes. Plusieurs actes de vandalisme et rassemblements en grand nombre ont été rapportés cette année à Mont-Saint-Hilaire.

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La situation a été dépeinte par plusieurs citoyens lors de la dernière séance du conseil municipal de Mont-Saint-Hilaire le 7 septembre dernier. Des citoyens ont été affolés ou intimidés par des rassemblements de jeunes. Des nuisances causées par les scooters tard en soirée ont aussi été soulevées.

« Les choses ont changé depuis le mois de mars dans le quartier. On a eu des visites nocturnes. Il y a eu aussi des graffitis. Ce n’est pas agréable, a indiqué Hugo Gendron qui demeure à côté de l’école l’Aquarelle et se présente aux élections municipales pour le parti Mouvement citoyen. Nous avons fait aussi plusieurs plaintes à la police. La situation va être moins pire avec l’arrivée de l’automne, mais il reste encore quelques belles fins de semaine. »

« Il y a eu des gestes violents un peu partout, entre autres dans le secteur du vieux village. Le secteur du quai est présentement un lieu d’attroupement. Je ne pense pas toutefois que ça prend une approche coercitive », a déclaré pour sa part Gaston Meilleur, candidat pour un poste de conseiller pour Transition MSH.

Le directeur général, Daniel-Éric St-Onge, a reconnu que l’interdiction de se rassembler avait mené à plusieurs situations problématiques. « C’est une situation qui se passe dans l’ensemble du Québec. À Mont-Saint-Hilaire, il y a quatre écoles primaires qui ont vécu les rassemblements d’une soixantaine de scooters. Nous avons eu aussi beaucoup de vandalisme sur nos terrains municipaux. Il y a des modules de jeux qui ont été brûlés et des bouteilles de verre cassées sur nos patinoires. La Ville fait un travail avec ses partenaires communautaires partout sur le territoire. »

Le candidat indépendant à la mairie François Perrier a mentionné que les jeunes ont eu la vie très dure dans les dernières années. « Les adolescents, à cause de la distanciation imposée par la santé publique, n’ont pas pu vivre leur vie d’adolescent depuis deux ans. Nous les avons vus dans le village ou la patinoire pour se rassembler. C’est dans la nature de l’humain que de se rassembler à cet âge. »

Trouver des solutions

Le directeur général de la Maison des Jeunes des Quatre Fenêtres (Belœil/Mont-Saint-Hilaire), Francis Lafortune, a remarqué lui aussi que les rassemblements ont été plus nombreux ces deux derniers étés. « Les regroupements se faisaient très rapidement alors [que les jeunes] utilisaient les médias sociaux pour annoncer leurs rassemblements. Il ne faut pas se le cacher, ils se réunissent pour consommer. […] La Maison des Jeunes n’a pas un mandat de réduction des méfaits. On ne peut accueillir un jeune qui a consommé. »

Cet état de situation met en relief le manque d’activités dans la région pour les 14 à 17 ans, de l’avis de M. Lafortune. « Il y a des activités comme le hockey et les scouts, mais ça ne rejoint pas tous les types de jeunes. Il faut offrir des activités qui vont les amener à socialiser, poursuit-il sur la lancée. Il y a aussi l’enjeu du transport. Les options sont limitées quand tu n’as pas de permis [de conduire]. »

De son côté, la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent (RIPRSL) rappelle qu’elle travaille en collaboration avec les différents intervenants du milieu pour sensibiliser et modifier certains comportements auprès des jeunes. « Il y a un projet pilote à Varennes basé sur des sanctions et récompenses. Si tu as un bon comportement, tu pourras avoir la chance de gagner un prix. Si tu as eu un mauvais comportement, tu peux te racheter en faisant une activité de réhabilitation. C’est quelque chose qui pourrait être exporté ailleurs », suggère le porte-parole de la RIPRSL, Jean-Luc Tremblay.

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