24 mai 2019
Activité de financement à l’église d’Otterburn Park
Mobilisation pour favoriser l’éducation de jeunes Haïtiens
Par: Denis Bélanger

Quelques élèves d’Haïti fréquentant l’école d’Antonio Di Lalla. Photo gracieuseté

Ce que l’on tient pour acquis ici est grandement apprécié ailleurs. C’est le constat qu’ont fait les parents et les enfants de la catéchèse de l’église Notre-Dame-du-Bon-Conseil d’Otterburn Park en écoutant l’exposé d’Antonio Di Lalla, président de l’organisme Action Haïti, qui œuvre à la scolarisation des jeunes haïtiens. Les parents et élèves ont décidé d’organiser une fête familiale à l’église le 2 juin pour épauler financièrement la cause.

L’Otterburnois Antonio Di Lalla a réalisé 15 voyages à Haïti pour assurer l’éducation et la scolarisation des habitants. L’enseignant de français a notamment construit une école en montagne en 2007 dans la région de Grand-Goâve.
« Ma fille, ça ne lui tente pas toujours d’aller à l’école. Elle ne comprenait pas au début que les enfants d’Haïti n’avaient pas accès à l’éducation. Ce n’est pas tout le monde qui peut y aller là-bas à l’école », souligne Catherine Avoine, parent d’un des enfants de la catéchèse.

L’objectif de l’activité de financement est d’amasser 8000 $. Une somme de 6000 $ servira à payer un professeur pour une année et le reste sera pour acquérir du matériel comme des livres ou des crayons de couleur, des objets que ces jeunes n’ont quasiment jamais eu la chance de tenir dans leurs mains. « Les garçons d’Haïti jouent au soccer, mais n’ont jamais vu un ballon. Ils ont appris les règles d’un plus vieux et jouaient avec un contenant de plastique. Antonio Di Lalla leur a amené un ballon, et personne n’avait voulu se l’approprier; c’était l’objet de la communauté. Ça a fait réfléchir ma fille la fois où elle a perdu son ballon dans un cours d’eau. Au début, elle était déçue du nouveau ballon qu’elle avait reçu d’un voisin, mais après, elle a pensé aux jeunes d’Haïti. »

Plusieurs activités sont au menu, notamment des jeux gonflables, la vente d’objets divers, dont des pâtisseries maison, ainsi qu’un spectacle de musique coordonné par Mme Avoine, qui a eu l’occasion de participer ces dernières années à La Voix.

« Ça se passe loin et à l’étranger et des fois on fait ainsi semblant que ça n’existe pas. Mais on peut enseigner autre chose à nos enfants. C’est quelque chose de constater le pouvoir qu’on a d’influencer. Que 180 enfants apprennent à lire et à écrire, ça fait réfléchir. Cela forme nos enfants à acquérir de nouvelle façon de voir les choses et à apprécier davantage les choses qu’ils ont ici », renchérit Mme Avoine.

Pour sa part, Antonio Di Lalla apprécie grandement ces gestes de solidarité qui lui procurent l’énergie de continuer. « En plus des six semaines passées à Grand-Goâve, depuis 13 ans, je consacre trois heures par jour à travailler depuis le Québec. Parfois, la fatigue me gagne peu à peu. Soudain, un courriel, un don, un appel au téléphone, une idée émerge. Sans crier gare, Michele, Catherine, May et Bob organisent une super Fête de la Famille… Du coup, l’énergie éclôt comme les tulipes sous les rayons du soleil de mai. »

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