18 janvier 2019
Mise en commun
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Je sais que l’ancien maire d’Otterburn Park Gérard Schafroth voudrait que je parle un peu plus de la fusion de nos villes. La plupart de mes échanges avec lui concernent le sujet. Je n’ai pas envie de rouvrir le débat cette semaine.

Les nombreuses réflexions de ce militant pro-fusion sont toutefois intéressantes et, même si je ne veux pas y revenir pour le moment, l’actualité continue à démontrer un rapprochement entre nos différentes municipalités. Les élus municipaux orientent nos vies en collectif et les dernières décisions municipales résultent de cette pensée.
Prenons les loisirs, le prochain secteur de la vie municipale dans le collimateur des élus. Les résidents de la région ne se soucient pas vraiment des lignes imaginaires de nos territoires. Si un cours de karaté se donne de l’autre côté de la rivière, hop dans la voiture et on traverse le pont.
Il est donc normal, et opportun, que les élus décident d’amincir leurs frontières pour offrir une offre de loisirs (et culturelle) globale. Mais la réalité, c’est que cette initiative n’est pas dictée par une volonté d’améliorer l’offre de loisirs (quoique, peut-être un peu), mais plutôt par un manque de ressources financières. Les Villes n’ont plus les moyens d’offrir à leurs citoyens tous les services sans mettre en commun les infrastructures ou de partager les dépenses. Des villages comme Saint-Denis et Saint-Charles-sur-Richelieu ont même commandé une étude pour trouver les endroits où il serait possible de jumeler les ressources.
Cette approche municipale est l’élément déclencheur de la grande refonte de la MRC de la Vallée-des-Richelieu, basée sur la régionalisation des services. Il faut être plus efficient. Un comité vient de voir le jour, à la MRC justement, avec le principal mandat de dresser l’inventaire de l’offre dans la région en matière de loisir.
Déjà, la MRC gère le traitement de l’eau ou la collecte des déchets. Sinon, beaucoup de nos services sont regroupés sous la forme d’une régie. La police, le transport et les pompiers depuis cette semaine. Et bientôt, les loisirs. Déjà, Otterburn Park a carrément sabré son service des loisirs, en confiant la gestion de l’offre de loisirs à un OBNL. Il n’y a qu’un pas pour que toutes les Villes prennent cette direction.
Une lente fusion est déjà en marche. En période de budget, on observe bien que la part des dépenses des villes est de plus en plus accaparée par des régies et des services régionaux (police, pompier, transport, collecte, etc.).
Avec les espaces disponibles pour le développement résidentiels qui sont de plus en plus rares, les nouvelles sources de revenus au municipal s’amenuisent et les élus n’ont d’autre choix que de regarder vers l’intérieur pour trouver de l’argent. Les revenus reposent principalement sur les propriétaires de maison. Et notre modèle d’expansion, collé sur le capitalisme, nous pousse à nous étendre, même si nous sommes pris entre quatre murs.
Je ne sais pas si la fusion ou le regroupement de service est la solution, mais l’expansion du territoire, encore viable pour quelques années, comme on le constate à Belœil, ne peut pas être une solution à long terme. Sauf si on grimpe vers le ciel. Oui, on peut densifier, et cette tendance s’accélère. Mais à un moment donné, les quatre murs de la maison vont se mettre à craquer.

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