17 avril 2019
Développement de la rue Saint-Georges
Metro prêt à poursuivre la Ville
Par: Denis Bélanger

Gabriel Riendeau lors de la soirée d’information du 12 septembre dernier où le promoteur Odacité avait présenté les grandes lignes de son projet. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le dossier du projet de développement de la rue Saint-Georges pourrait se retrouver devant les tribunaux. Le Supermarché Metro menace la Ville de Mont-Saint-Hilaire d’intenter des poursuites contre elle si la Municipalité ne soumet pas au vote des citoyens les règlements liés au plan particulier d’urbanisme (PPU) du secteur centre-ville.

La Ville a reçu la semaine dernière une mise en demeure de l’épicier. Ce dernier assure qu’il donnerait le mandat à ses avocats de faire invalider les projets de règlement si elle ne donnait pas suite à sa demande. La nouvelle à cet effet a été diffusée sur la page Facebook du groupe La Voix des citoyens qui est opposé au projet piloté par le promoteur Odacité. L’administrateur de la page affirme de plus qu’il a publié de l’information à la demande de Gabriel Riendeau, un des propriétaires de l’entreprise familiale qui exploite cinq épiceries au Québec.

Rappelons que le projet de plusieurs millions d’Odacité sur Saint-Georges comprend le déménagement dans le secteur du IGA Pepin, présentement situé sur la 116 à un jet de pierre du Metro. M. Riendeau s’était emporté lors d’une consultation publique tenue en juin dernier portant sur le PPU centre-ville. Il avait reproché à la Municipalité de ne pas avoir abordé « l’éléphant dans la pièce », soit le projet du promoteur articulé autour du IGA.

L’Œil Régional a tenté de joindre M. Riendeau à son commerce de Mont-Saint-Hilaire, mais il n’a pas été en mesure de rappeler le journaliste au moment de mettre sous presse. De son côté, la Municipalité a confirmé avoir reçu la mise en demeure. Il a fallu toutefois faire une demande d’accès à l’information pour obtenir le document, et la Ville a jusqu’au 4 mai pour répondre à notre requête.

La Ville s’est faite aussi avare de commentaires sur le dossier de la mise en demeure. « Si jamais cette démarche est soumise à la Cour, la Ville entend protéger la vision citoyenne développée par consensus social et à la suite de l’imposante participation populaire qui l’a créée, et continuera à le faire. Dans cette éventualité, l’administration municipale laissera, tel qu’il se doit et par respect pour le processus judiciaire, le Tribunal en disposer pour ensuite la commenter », peut-on lire dans la missive.

Le président d’Odacité Steve Richard a tenu à réagir par voie de communiqué. « On ne parle plus de règles urbanistiques et d’aménagement, mais bien d’une entreprise qui vise à faire obstruction à un concurrent; c’est sidérant, lance-t-il. Il devient évident que cette entreprise a tout à gagner à faire dérailler notre projet de développement. Il est dommage qu’une guerre de bannières commerciales vienne porter ombrage au dialogue citoyen qu’avaient mis en place Odacité Immobilier et la municipalité de Mont-Saint-Hilaire. »

Audience fixée
Sur un autre ordre d’idée, la Commission municipale du Québec a fixé au 23 avril une audience pour se pencher sur la conformité de deux projets de règlements liés au PPU secteur centre-ville. La CMQ intervient dans ce processus puisqu’elle a reçu un nombre suffisant de demandes. Notons toutefois que la MRC de la Vallée-du-Richelieu avait approuvé tous projets de règlements portant sur le PPU. n

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