2 août 2019
Entrevue avec le thérapeute des Falcons d’Atlanta
Martin Lauzon n’a pas oublié Belœil
Par: Denis Bélanger

Martin Lauzon

Martin Lauzon dans le feu de l'action.

Installé aux États-Unis depuis environ 25 ans pour soigner les athlètes sportifs , le thérapeute Martin Lauzon, qui occupe le poste de directeur de la médecine sportive et de la performance pour les Falcons d’Atlanta de la National Football League (NFL), demeure très attaché à Belœil, son patelin d’origine.

Malgré les rigueurs d’une saison de football, Lauzon se fait un devoir de visiter sa famille au Québec deux fois par année, soit en février, après la saison, et au début de l’été.

« Je viens voir mon père, mes sœurs et mes neveux. C’est ce qui est difficile parfois de travailler aux États-Unis; tu es loin de ta famille », raconte Martin Lauzon, de passage dernièrement à Belœil.

Travaillant dans un environnement complètement anglophone, il n’a pas pour autant perdu son français. « Ici, je peux parler français et je discute très peu de football. Quand je reviens au Québec, ça me prend quelques jours à retrouver mon français. Et quand je retourne aux États-Unis, ça me prend quelques jours à retrouver mon anglais. »

Il se fait aussi un devoir de suivre à distance les activités de la Ligue canadienne de football (LCF) ainsi que les exploits des joueurs du réseau universitaire canadien qui sont de plus en plus nombreux à cogner aux portes de la NFL.

« J’aime regarder les Alouettes. J’ai fait un internat et travaillé pour Ottawa dans la LCF au début des années 1990. J’ai toujours ça dans le sang, le football canadien. Je souhaite que ça continue, le football à Montréal. C’est aussi le fun de voir tous ces joueurs qui se développent dans la NFL. »

Heureux à Atlanta

Martin Lauzon a joint les Falcons en 2010 et ne tarit pas d’éloges à l’endroit de l’organisation et de l’état-major. « Nous avons un propriétaire, Arthur Blank, qui veut gagner et qui est prêt à investir. Nous avons besoin de quelque chose, nous pouvons l’obtenir. Nous avons un directeur général et un entraîneur-chef qui font les choses différemment pour qu’on ait du plaisir à faire notre travail. »

Loin du hockey
C’est le hockey qui a amené Lauzon vers les États-Unis une première fois dans les années 1980, espérant faire carrière en tant que gardien de but. « Une de mes premières entrevues avec L’Œil Régional a été le fait que j’avais eu une bourse d’études pour aller jouer au Minnesota. »

Un accident de voiture en 1988 est venu tout chambouler, le forçant à se déplacer en fauteuil roulant pendant plusieurs mois. Durant sa thérapie, il a eu la piqûre pour la physiothérapie et il a ainsi lâché ses études en médecine. Sa carrière professionnelle aux États-Unis a commencé en 1995 à la prestigieuse Université de la Californie à Los Angeles (UCLA). En 1999, il a joint les Browns de Cleveland, également de la NFL, où il est resté jusqu’à son embauche à Atlanta. « Le hockey ne me manque pas, j’ai pratiqué le sport pendant tellement longtemps. Je suis tellement occupé avec mon poste chez les Falcons. On passe des 15 h-16 h par jour, et j’aime encore ça cet horaire. »

Peu de répit
Martin Lauzon est sur les lignes de côté chaque semaine. Quand un joueur se blesse sur le terrain, il s’empresse d’aller le voir pour ensuite entamer le processus de guérison et de retour au jeu. Une fois la partie terminée, il doit donner des instructions précises pour déterminer la date de retour au jeu d’un footballeur.

À la fin de la saison, Lauzon doit préparer les joueurs et leur plan de traitement et de suivi pour la saison morte. Après, il doit évaluer des centaines de joueurs en vue du repêchage. « Il n’y a jamais de temps de mort. Nous n’avons le temps de savourer une belle victoire que 4 ou 5 minutes; après c’est le temps de prendre soin des joueurs. Mais un des moments les plus énergisants de l’année est la semaine avant le début de la saison. »

Bien communiquer
L’un des enjeux en médecine sportive est d’éviter de renvoyer un athlète au jeu trop rapidement, et ce, même s’il y a des préoccupations financières ou sportives en cause. Pour prendre la bonne décision, le Belœillois prône la communication et le travail d’équipe. « Il faut bien communiquer avec les joueurs, les docteurs et l’entraîneur et il faut bien lire aussi les examens physiques. On s’assoit pour en discuter. Je ne prends pas ça seul sur mes épaules. »

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