2 janvier 2021
Saint-Jean-Baptiste
Marilyn Nadeau; une mairesse 2.0
Par: L'Oeil Régional
Depuis 10 ans, la mairesse de Saint-Jean-Baptiste, Marilyn Nadeau, est très active sur les médias sociaux. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Depuis 10 ans, la mairesse de Saint-Jean-Baptiste, Marilyn Nadeau, est très active sur les médias sociaux. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Un texte de Jennifer Blanchette

Largement implanté dans nos vies personnelles, l’usage des médias sociaux s’est frayé un chemin jusqu’au bout des doigts des élus municipaux. Du côté de Saint-Jean-Baptiste, la mairesse Marilyn Nadeau a su manier Facebook avec dextérité afin de raviver l’intérêt de ses citoyens envers l’appareil politique de la région.

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« À mon entrée en poste [en tant que mairesse], mon objectif était que la collectivité comprenne le monde municipal.

Les citoyens ont un réel besoin d’être informés. Auparavant, certains d’entre eux me disaient ne rien savoir, tandis que maintenant, ils sont au fait des enjeux et de ce qui se passe dans leur municipalité », souligne Mme Nadeau.

C’est par le biais de son groupe Facebook, créé en 2009, que l’élue a amorcé sa connexion numérique avec les Jean-Baptistois. Alors conseillère municipale du district 5, Mme Nadeau cherchait un moyen de mieux se faire connaître. « Je publiais une fois par jour et j’en profitais pour partager mes valeurs et mes objectifs. »

L’intérêt citoyen ainsi que la visibilité ont rapidement été au rendez-vous. Marilyn Nadeau a remporté les clés de la mairie pour une première fois en 2013, puis a décroché un second mandat par acclamation en 2017. « Ce sont ma proximité avec les gens ainsi que ma forte présence sur les médias sociaux qui m’ont permis de remporter les élections », affirme-t-elle.

Depuis la dernière décennie, Mme Nadeau ne ménage pas ses efforts pour demeurer en contact avec ses citoyens tant du côté de la mairie que sur le web. « Avant, je répondais dans l’heure ou presque à tous les messages ou commentaires qu’on laissait sur ma page. J’y consacrais de deux à trois heures par jour. C’était tellement intense que je devais parfois mettre ma famille de côté pour répondre aux internautes. »

En février dernier, la mairesse a jugé que le moment était venu de s’offrir un répit. Le groupe Facebook Marilyn Nadeau – Mairesse de Saint-Jean-Baptiste a été renommé Communauté d’entraide Saint-Jean-Baptiste. « Je sentais que les gens n’avaient plus besoin de s’identifier à la mairesse, mais plutôt à leurs voisins, aux organismes. Ce n’était plus nécessaire que je sois la courroie de transmission entre eux. Plusieurs personnes souhaitent aider et c’est pour cette raison que j’ai rebaptisé la page de cette façon », explique-t-elle.

À ce jour, le groupe compte 1400 membres et est utilisé chaque jour par les citoyens pour véhiculer divers messages publics.
La Municipalité de Saint-Jean-Baptiste détient également sa page Facebook officielle et regroupe 1500 abonnés.

Élus frileux
Pour les utiliser à son avantage depuis 10 ans, Marilyn Nadeau affirme sans hésiter que les médias sociaux sont « des outils très puissants » pour les représentants du monde municipal. Or, certains élus à travers la région tardent à faire le saut sur les plateformes numériques ou viennent à peine d’entreprendre le virage.

Questionnée à ce propos, Mme Nadeau reconnaît que certains élus ont peur d’ouvrir la porte des médias sociaux. « Je crois que c’est parce qu’ils ne savent pas à quel point c’est essentiel. Pour ma part, ma communauté, c’est mon baromètre. Ça me permet de savoir comment ça va chez nous. Ça nous permet aussi d’être plus dynamiques régionalement. »

La mairesse songe entre autres à l’installation d’un parc de jeux d’eau dans sa municipalité en 2014, lequel n’aurait pas été possible sans un coup de pouce numérique. « Le projet rencontrait de l’opposition au sein du conseil municipal; alors via Facebook, j’ai invité tous les citoyens à venir manifester leur intérêt lors d’une séance. Ça a fonctionné! »

Elle soutient toutefois que les élus municipaux ont tout intérêt à se former et à
identifier le message qu’ils souhaitent véhiculer avant de se lancer dans l’aventure numérique. « Quand j’ai commencé, j’y allais de façon un peu plus exploratoire. J’invite les élus à définir où ils s’en vont et à bien se structurer », conclut-elle.

[Note de la rédaction : Une partie de l’entrevue a été réalisée avant la pandémie, mais le texte a été mis à jour.]

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