12 septembre 2017
De retour au pays après Irma
Marie-Josée Denis a vécu le passage de l’ouragan
Par: Vincent Guilbault
Marie-Josée Denis

Marie-Josée Denis

La directrice générale de l’hôtel Rive-Gauche, Marie-Josée Denis, était en voyage aux îles Turks-et-Caïcos lors du passage de l’ouragan Irma, jeudi. Au moment de publier, Mme Denis était à bord d’un avion WestJet en direction de Toronto pour ensuite revenir à Montréal.

Mme Denis s’est toutefois entretenue avec L’Œil Régional vendredi dernier, au lendemain des événements, alors qu’elle se trouvait encore au Club Med Turquoise.

«Ça va bien, compte tenu des circonstances, disait-elle au téléphone. Nous avons tout ce qu’il nous faut; électricité, nourriture. Je suis super fatigué, je n’ai pas dormi une heure dans les 20 dernières heures. Je suis encore sur l’adrénaline».

Lors de notre entretien, Mme Denis était toujours confinée et sans détail sur le moment de son retour au pays. Le toit de l’hôtel était parti, les corridors étaient impraticables, certaines portes étaient arrachées et l’eau s’infiltrait. «J’ai été six heures couchée à trois sur le sol d’une salle de bain, la porte fermée, vivant l’angoisse.» Les co-chambreurs se relayaient à tout de rôle pour dormir afin d’avoir toujours une personne éveillée pour cueillir de l’information.

Assourdissant

Environ 90 personnes sont restées coincées dans l’hôtel avec elle, entassées le plus possible dans les chambres.

C’était très assourdissant lors du passage de l’ouragan, tellement que l’intensité de la pression atmosphérique faisait mal aux oreilles, comme en avion, mais pendant des heures. «Même si la structure était en béton, nous sentions les secousses», rapporte Mme Denis.

Irma a été précédée par une tempête tropicale qui a débuté vers 2h. «C’était déjà exceptionnel, mais vers 8h, c’était Irma. La pression et le son étaient intenses, la chaleur, l’humidité; nous avons entendu siffler pendant cinq heures. Puis après son passage, c’était la tempête, quand même extrême, mais ce n’était plus un ouragan.» Le plus inquiétant, dit-elle, est que tu ne sais jamais si tu es dans le pire de l’ouragan et si ça va empirer.

Malgré la crise, Mme Denis n’avait que de bons mots pour les responsables de l’hôtel, qui ont bien géré l’événement avec un bon plan d’urgence. Elle était moins tendre envers les autorités des îles Turks-et-Caïcos. Le gouvernement aurait dû forcer une évacuation, mais il a laissé le soin aux hôtels de le faire. Nous n’étions pas sur une grosse île et nous avions plus de 24 heures pour partir. Lorsque les autorités ont vu ce qui s’était passé à Saint-Martin, ils auraient dû agir.

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