6 août 2020
Malgré l’incertitude, la cueillette de fruits rencontre un franc succès
Par: Administrateur

Les agriculteurs ont accueilli un nombre important de visiteurs cette année et on vu leurs champs se vider en un temps record. Photo : Gracieuseté

Les vergers de la région connaissent une hausse de l’achalandage pour l’autocueillette de fruits cet été, à la grande surprise de certains agriculteurs. Malgré une incertitude en début de saison, les visiteurs achètent en grande quantité des produits locaux.

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« J’ai vendu mes cerises en cinq jours au lieu de deux semaines », souligne Stéphane Petit, propriétaire de Verger et fils à Mont-Saint-Hilaire. Selon lui, l’achalandage depuis ce printemps a augmenté de 30 %.

Même constat pour la Bleuetière Bellevue à Carignan qui a vendu en deux jours la quantité habituellement vendue en une semaine. « C’est du jamais vu. Après une journée, on a vu l’achalandage qu’on voit en un mois », relate le propriétaire Guillaume Leclerc. Pour son entreprise, l’autocueillette représente 95 % de son chiffre d’affaires.

Pour la bleuetière, la saison a commencé une semaine plus tôt. « Grâce à la canicule, nos bleuets ont mûri plus vite et on a eu la même quantité que l’an dernier, affirme M. Leclerc. Avec nos 1500 plants, on fait environ 6000 livres de bleuets. »

L’importance de l’achat local

« Les gens voyagent dans la région et trouvent des activités locales ou ils font du télétravail, donc c’est plus facile pour eux de venir nous voir. Ils sont plus enclins à découvrir des produits québécois qui sont assez compétitifs », croit Stéphane Petit. Il ajoute que les familles sont reparties avec de plus grandes quantités de fruits et de produits offerts à la boutique.

Charles Boulerice, président du syndicat de l’UPA Vallée-du-Richelieu, croit que l’appel lancé par le gouvernement du Québec en mars s’est fait entendre. « Le fait que les gens se déplacent dans les fermes, c’est un signe qu’ils s’intéressent au local. Ça incite les gens à se déplacer plutôt que de tout acheter dans une épicerie. »

La Montérégie compte près de 6882 fermes, selon Le rapport annuel des activités 2019 de l’UPA Montérégie. « Les agriculteurs sont des acteurs importants dans la Vallée-du-Richelieu parce qu’ils travaillent en collaboration avec d’autres entreprises. On fait partie du moteur économique », affirme M. Boulerice.

Embauche difficile

Pour Stéphane Petit, la principale difficulté est la gestion des travailleurs provenant du Guatemala. « Encore aujourd’hui, c’est difficile. Il y a beaucoup de paperasse à remplir et ça rajoute du travail. Les travailleurs qui arrivent sont mis en isolement pour 14 jours et, ensuite, ils doivent respecter plusieurs consignes sanitaires », explique-t-il. M. Petit assure qu’il y a des inspections au téléphone ou sur le terrain.

La prolongation de la Prestation d’urgence canadienne entre aussi en considération dans le défi de la main-d’œuvre. M. Petit appréhende l’embauche d’une cinquantaine d’employés en septembre. « J’ai déjà deux personnes qui ont préféré aller sur la PCU et la prime de 100 $ par semaine pour les travailleurs agricoles n’est pas attirante. Jusqu’à quel point le recrutement va être difficile avec la durée de la PCU ? », se questionne-t-il. M. Boulerice croit aussi que le travail dans les champs n’est pas donné à tous. « Il faut être en forme et habitué. On est en plein soleil et il faut soulever des charges lourdes. Aujourd’hui, on est beaucoup dans le confort, alors le travail manuel, c’est vraiment du sport », souligne le directeur.

Mais Guillaume Leclerc, de la Bleuetière Bellevue, ne se plaint pas de l’engouement dans ses champs. « Au contraire, on est ouvert moins longtemps, mais on vend la même quantité de fruits que l’an dernier. » Quant à lui, Stéphane Petit espère que l’engouement pour l’autocueillette va demeurer l’an prochain. « Avec tout ce qui se passe, les gens reviennent aussi aux sources », croit-il.

Par Emma Jacquet
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