10 février 2021
Lutte à trois
Par: Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Après la mairesse Diane Lavoie et le conseiller indépendant Luc Cossette, c’est maintenant au tour du conseiller de longue date Réginald Gagnon de se lancer dans la mêlée.

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La chronologie des événements semblait pousser l’homme politique vers cette décision. Conseiller municipal pendant trois mandats, M. Gagnon a toujours été de l’équipe de Mme Lavoie depuis qu’elle est mairesse.
Mais le dossier du golf aura eu raison de ce lien politique. En octobre dernier, en pleine période de consultation, alors que les élus avaient décidé de rester neutres dans le dossier, M. Gagnon a préféré défier cette idée pour proposer une alternative aux trois options sur la table. Il avait accordé une entrevue avec notre équipe pour parler de sa proposition. Mais cette entrevue aura créé des tensions au sein du conseil actuel. Avec les pressions provenant des gens du golf et celles de citoyens, l’équipe de Diane Lavoie lui aura suggéré de quitter son siège au Comité consultatif d’urbanisme pour éviter une apparence de conflit et pour calmer le jeu.
En novembre, quelques semaines seulement après l’entrevue, M. Gagnon laissait son siège au comité et profitait de l’occasion pour claquer aussi la porte du parti politique de Diane Lavoie. Puis, cette semaine, après avoir pesé le pour et le contre, il décide finalement de tenter sa chance pour la mairie.

Avant d’aller plus loin, précisons que je n’ai aucun parti pris. Je n’ai aucune préférence pour un ou l’autre des candidats. J’ai été un peu raide avec Luc Cossette la semaine dernière parce que je trouvais son discours dénué de concret. Mais nous sommes encore loin des élections et il aura le temps de nous présenter ses idées.

Cela dit, je dois avouer que j’ai aimé lire l’entrevue accordée à notre journaliste par Réginald Gagnon. Dans le cas de M. Gagnon, son intention envers le golf est directe. Pas que je sois contre le projet du golf, mais j’aime savoir ce que pense nos élus. Dans le cas de M. Gagnon, c’est clair : la population de Belœil se trouve devant une opportunité unique qu’elle devrait saisir.

Il formule aussi des critiques plutôt cinglantes envers la Ville. Il cible notamment le concept de rues blanches, allant jusqu’à traiter la Ville « d’arrogante » en s’entêtant à maintenir certains concepts qui n’ont pas encore fait leurs preuves, dit-il. C’est quand même une critique dure de la part d’un acteur qui voit la situation de l’intérieur.

Je disais la semaine dernière qu’il sera difficile de tasser Diane Lavoie du siège qu’elle occupe depuis 12 ans. Surtout que la Ville de Belœil se porte bien.Mais Diane Lavoie ne fera pas cette fois face à deux outsiders, comme ce fut le cas lors des deux dernières élections lorsqu’elle a dû affronter Rémi Landry. M. Cossette et M. Gagnon siègent tous les deux au conseil actuel. C’est peut-être une première craque dans le leadership de la mairesse.

Toutefois, et les deux hommes doivent le savoir, ils ne pourront pas seulement jouer la carte du changement ou de la nouveauté. Si c’est le cas, ils se partageront ces précieuses voix à deux et c’est Diane Lavoie qui pourra tirer parti de la division du vote.

Dernière chose : les équipes. Les deux hommes n’ont pas d’équipe et les deux désirent recruter des gens autour d’eux. C’est sans oublier que Diane Lavoie voudra sûrement aussi compléter son équipe avec deux autres candidats. Si c’est le cas, le nombre de candidats dans la Ville risque de ne pas être suffisant pour les trois aspirants maires, surtout en cette époque de pandémie et de réunions Zoom, ai-je envie d’ajouter. Au-delà de toutes les bonnes idées et propositions, c’est peut-être là que tout peut s’effondrer.

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