1 avril 2016
L’opposition demande le retrait de Sam Hamad du conseil des ministres
Par: L'Oeil Régional
Sam Hamad

Sam Hamad

POLITIQUE. L’opposition à Québec réclame le retrait de Sam Hamad du conseil des ministres et une enquête du Commissaire à l’éthique à la suite d’allégations, jugées «graves» et «préoccupantes», contenues dans un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada.

Radio-Canada dit avoir obtenu une série de courriels entre des hauts dirigeants de l’entreprise Premier Tech, parlant de l’«aide» offerte par leur «ami Sam». L’un de ces hauts dirigeants est l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté, alors vice-président du conseil d’administration de Premier Tech. Aucun des courriels cités n’a été écrit par M. Hamad.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec pour le Conseil du trésor, Éric Caire, a demandé au premier ministre Philippe Couillard de retirer immédiatement Sam Hamad du conseil des ministres «tant et aussi longtemps que toute la lumière n’aura pas été faite sur les liens entre les deux hommes et sur le processus ayant mené à une importante aide gouvernementale à l’entreprise Premier Tech».

Le député Bernard Drainville a réagi pour le Parti québécois, disant sur son compte Twitter qu’étant donné le «sérieux des révélations», le PQ demandait des enquêtes de l’UPAC et du commissaire à l’éthique sur M. Hamad. M. Drainville a ajouté que M. Hamad devait être exclu du conseil des ministres et du caucus du Parti libéral du Québec jusqu’à la fin de ces enquêtes.

Par communiqué, jeudi soir, le député de Québec solidaire Amir Khadir a affirmé que son parti allait demander une enquête auprès du Commissaire à l’éthique, et que dans l’intervalle, M. Hamad «doit immédiatement démissionner en attendant les résultats des enquêtes». M. Hamad est actuellement président du Conseil du trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale et de la Révision permanente des programmes.

Les hauts dirigeants de Premier Tech souhaitaient au début de 2010 faire augmenter une aide offerte par Québec en vue de l’achat d’un concurrent. Selon les courriels obtenus par Radio-Canada, Marc-Yvan Côté informe d’autres hauts dirigeants de l’entreprise du Bas-Saint-Laurent de démarches qui auraient été entreprises par M. Hamad. Il est question de deux appels qui auraient été faits par M. Hamad à son prédécesseur au ministère du Développement économique, Clément Gignac, et au président d’Investissement Québec, Jacques Daoust.

Le 7 mai 2012, le premier ministre Jean Charest annonce officiellement le prêt de 11 M$ d’Investissement Québec et la subvention du ministère du Développement économique de 8 M$. Sam Hamad, ministre du Développement économique, est présent à l’annonce.

Enquête soutient que pour sa part, Marc-Yvan Côté s’activait pour le financement politique de Sam Hamad. Selon la compilation de Radio-Canada, certains dirigeants et administrateurs de Premier Tech, ainsi que des membres de leur famille ont donné plus de 20 000$ au Parti libéral du Québec (PLQ) de 2008 à 2012, alors que Marc-Yvan Côté et sa famille immédiate ont pour leur part donné plus de 17 000$ au PLQ dans les mêmes années.

Ex-ministre libéral dans le gouvernement de Robert Bourassa et ancien vice-président de la firme de génie Roche, Marc-Yvan Côté a été arrêté par l’UPAC il y a deux semaines et accusé de fraude et de corruption en marge d’un présumé financement illégal des partis politiques par la firme Roche.

La Presse Canadienne

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