10 décembre 2016
Loi 106: Prêts à résister pacifiquement
Par: L'Oeil Régional
Un puits de gaz de schiste

Un puits de gaz de schiste

ENVIRONNEMENT. Les groupes citoyens opposés à l’exploitation du gaz de schiste promettent d’opposer une résistance pacifique à cette industrie.

«Il va falloir faire campagne comme il y a six ans. C’est n’est pas une petite protestation qui va changer les choses. Nous allons devoir réfléchir à ça», lance Michel Pichet, du comité citoyen opposé au gaz de schiste à Saint-Marc-sur-Richelieu.

Le gouvernement Couillard a utilisé le bâillon vendredi  afin de faire adopter le controversé projet de loi 106 sur les hydrocarbures. Le projet comprenait la politique énergétique 2030 et encadrait également l’exploitation pétrolière.

«On est catastrophés. Nous ne l’avions pas vu venir, nous avons été pris de court, explique M. Pichet. Par contre, nous ne sommes pas surpris. Nous savions que le gouvernement y tenait à tout prix.»

Plan en branle

En réaction au bâillon, le regroupement vigilance hydrocarbure Québec (RVHQ), dont font partie les comités citoyens de Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Marc-sur-Richelieu et Saint-Basile-le-Grand, a mis en place un programme de préparation pour la résistance pacifique. Le plan détaille les actions qui pourraient être prises pour bloquer les camions  ainsi que les ressources disponibles pour organiser la désobéissance civile.

Dans la région, le comité de Saint-Marc-sur-Richelieu est également prêt à opposer une résistance citoyenne aux compagnies gazières. Le groupe citoyen avait d’ailleurs déjà structuré un plan d’action, qu’il avait diffusé dans une vidéo de mobilisation l’an dernier.

M. Pichet soutient toutefois qu’il faudra redoubler d’efforts pour mobiliser les troupes, puisque plusieurs citoyens ont baissé leur garde. «Ma perception, c’est que les entreprises ont travaillé pendant six ans. Les gens sont démobilisés. La population ne s’est pas informée, se pensant en sécurité.»

Projet controversé

La loi sur les hydrocarbures donnerait aux compagnies titulaires d’un permis d’exploration ou d’exploitation pétrolière un accès au terrain qui en fait l’objet. La mouture actuelle donnerait également un droit d’expropriation aux compagnies pour exploiter un terrain dont le propriétaire refuserait l’accès, à condition que le gouvernement l’y autorise. Les compagnies auraient également le droit d’exproprier afin de construire des pipelines.

Pour Michel Pichet, ce dernier principe est d’ailleurs inacceptable, parce qu’il enlève le droit sur sa propriété au citoyen. Il s’inquiète également que le gouvernement puisse ainsi donner des autorisations sans avoir à tenir de consultation.

image