14 avril 2021
L’industrie de taxi a survécu de peu à la dernière année
Par: Sarah-Eve Charland

Robert Tremblay travaille dans le domaine du taxi, et dans la région, depuis près de 20 ans. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Après un an à vivre les contrecoups de la pandémie, en plus de s’adapter à la nouvelle loi abolissant les permis de taxis, les compagnies de taxis de la région ont bien de la difficulté à garder la tête hors de l’eau.

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Taxi Richelieu Le Patriote a perdu de nombreuses opportunités d’affaires, que ce soit le transport adapté auprès des CHSLD, les jeunes en déficience intellectuelle vers les centres de jour ou encore les transports réguliers. Le copropriétaire Robert Tremblay dit rouler environ au tiers de son chiffre d’affaires habituel. C’est grâce à ses contrats avec exo que son entreprise a pu survivre à la dernière année, souligne-t-il.

« Ça s’est dégradé. La pandémie a fait en sorte que bien des contrats ont été mis sur pause. Il me reste huit taxis sur dix-neuf. Pour le service adapté, on a éliminé un véhicule et mis un en standby. On a huit véhicules », mentionne M. Tremblay.

Le directeur général de Taxelco, qui est partenaire de Taxi Diamond, Frédéric Prégent, constate aussi des effets négatifs de la pandémie sur ses activités d’affaires. L’entreprise a environ une quinzaine de véhicules dans la région, selon M. Prégent.

« La pandémie a jeté une grosse douche froide sur les taxis. Inévitablement, le nombre de clients transportés a chuté. Il y a eu une réduction du nombre de chauffeurs sur la route. Selon la durée de ces mesures, il va falloir s’ajuster, reformer des gens et ramener du monde dans l’industrie parce que certains décident juste d’aller faire autre chose », soulève M. Prégent.

Recrutement

Le recrutement est un enjeu de taille, reconnaissent les deux gestionnaires. Pour le premier, la nouvelle loi qui est entrée en vigueur en octobre 2020 a convaincu plusieurs chauffeurs de taxi de prendre leur retraite. La nouvelle Loi concernant le transport rémunéré de personnes par automobile a aboli les anciens permis qui encadraient des quotas par territoire.

« La nouvelle loi fait en sorte que les chauffeurs ne sont plus limités à un territoire. Ils peuvent exercer où ils veulent. C’est vrai que la valeur des permis n’avait plus de bon sens. Quand j’ai commencé à 30 ans, j’avais payé mon permis 30 000 $. C’était assez pour faire attention et être sérieux, mais c’était possible de le financer. Aujourd’hui, les permis n’ont plus de valeur. Les gens ne se préoccupent plus des clients. Avant, ils faisaient plus attention parce que ça leur permettait d’avoir un territoire payant », souligne M. Tremblay.

Taxi Richelieu Le Patriote fonctionne maintenant par réservation afin de s’assurer d’avoir des taxis disponibles pour tous les déplacements.

Les horaires de travail atypiques rebutent la nouvelle génération à choisir une carrière comme chauffeur de taxi. « L’un des défis est de maximiser les revenus en fonction des disponibilités des chauffeurs, poursuit M. Prégent. Je pense que tout le monde a à cœur que les chauffeurs aient des revenus décents pour vivre sans avoir à travailler 200 heures par semaine. J’exagère, mais les chauffeurs de taxi travaillent généralement beaucoup d’heures. »

Pour M. Prégent, l’arrivée d’Uber ne semble pas avoir déstabilisé le marché dans la région, même s’il dit surveiller la situation. « En région, l’industrie du taxi représentait et représente encore une bonne option. Tous mes collègues travaillent fort pour s’assurer que les clients demeurent dans l’industrie du taxi. Il n’y a rien d’acquis. »

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