8 juillet 2016
Lindros, la plus grosse attraction
Par: Denis Bélanger
Bon ou mauvais perdant?

Bon ou mauvais perdant?

Au début des années 1990, dans la cour de l’école primaire francophone Saint-Paul de North Bay en Ontario, le joueur le plus populaire n’était pas Wayne Gretzky ni Patrick Roy ni Mario Lemieux ni Brett Hull, mais un blanc-bec du nom d’Eric Lindros.

L’idée peut vous scandaliser, surtout si vous avez été fan des Nordiques. On se souviendra qu’Eric Lindros avait refusé de jouer pour l’équipe de Québec, même si cette dernière l’avait repêché. Mais dans le contexte que j’étais à l’époque, c’est tout à fait logique.

Évidemment, tous les médias ontariens l’identifiaient comme la prochaine super vedette de la Ligue nationale de hockey (LNH). Rappelons qu’à la Coupe Canada 1991, ancêtre de la Coupe du Monde, Lindros a fait partie de l’équipe du Canada alors qu’il n’avait pas encore disputé une seule partie dans la LNH. Il avait été préféré devant des joueurs établi comme Steve Yzerman et Joe Sakic.

Mais nous, les gamins, l’admirions autant aussi parce que nous avions la chance de le voir jouer souvent. À Noth Bay, nous avions un club junior majeur de la Ligue d’Ontario, les Centennials. Ces derniers jouaient donc souvent contre les Generals d’Oshawa, le club junior d’Eric Lindros. Chaque fois que les Generals venaient au Gardens, domicile des Centennials, c’était plein.

De mon côté, je n’étais pas son plus grand supporteur, mais je savais que ses cartes de hockey auraient de la valeur. J’étais bien fier de mon coup quand j’avais mis la main sur deux cartes Score d’Eric Lindros. Hey oui, Lindros avait aussi ses propres cartes même s’il n’avait pas encore disputé une seule partie professionnelle. Un de mes camarades avait essayé de m’amadouer pour que je lui échange.

En contrepartie, je suis devenu jaloux quand il m’a montré sa Upper Deck de Lindros serrant la main de Bret Hull à Coupe Canada 91. À nos yeux, Upper Deck faisait les plus belles cartes. Mais soyez assurés, j’ai finalement eu cette fameuse carte par la suite. Oui, nous croyions tous qu’il deviendrait un très grand joueur. Disons que la direction des Nordiques aura eu la main heureuse en l’échangeant aux Flyers de Philadelphie pour obtenir plusieurs joueurs en retour, dont Peter Forsberg.

Même si j’ai déchanté, j’ai conservé ces cartes de hockey. Je me demande d’ailleurs combien elles valent aujourd’hui? De toute façon, je ne les vendrais pas, mes enfants en hériteront un jour.

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