30 mai 2018
L’immigration pour contrer a pénurie de main-d’œuvre
Par: Karine Guillet
Le technicien Mihai Bratuianu et le président de Medwave Optique, Mario Séguin. Photo: Robert Gosselin

Le technicien Mihai Bratuianu et le président de Medwave Optique, Mario Séguin. Photo: Robert Gosselin

Alors que les entreprises spécialisées en technologie de l’information peinent à recruter des employés qualifiés, l’entreprise belœilloise Medwave Optique a décidé de miser sur l’immigration pour combler les postes.

Le secteur des technologies de l’information (TI) vit avec des difficultés de recrutement de main-d’œuvre depuis les dernières années, constate le directeur de Medwave Optique, Mario Séguin. Selon le plus récent diagnostic sectoriel des TI, la croissance de l’emploi dans ce domaine est pourtant six fois plus rapide que dans le reste de l’économie. Mais le Québec ne produit pas assez de diplômés pour répondre à la demande, estime Emploi-Québec, qui place la profession parmi les plus en demande dans la province.
Pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, de plus en plus d’entreprises dans le domaine misent sur l’immigration. Environ 27 % des postes dans le domaine sont d’ailleurs occupés par des travailleurs issus de l’immigration. C’est aussi le pari qu’a fait l’entreprise de M. Séguin. «Peu importe la personne, ce qu’on doit, c’est de trouver les meilleurs qualificatifs; si on veut continuer d’avoir une croissance soutenue, ça passe nécessairement par l’immigration aujourd’hui.»
Technicien en électronique dans une grande compagnie, Mihai Bratuianu cherchait une compagnie familiale lorsqu’il a fait parvenir son CV chez Medwave Optique. C’était il y a treize ans. Aujourd’hui, environ 20 % des employés de la compagnie, qui s’est installée sur le chemin de l’Industrie depuis un an, sont issus de l’immigration.
Si la compagnie a un profil aussi diversifié, c’est d’abord parce qu’elle a choisi de miser sur un programme de référencement à l’interne pour combler les postes, explique le directeur Mario Séguin. «De fil en aiguille, on a pu aller chercher de nouvelles personnes et de nouveaux immigrants qui se sont joints à l’équipe», explique-t-il.

Immigrants qualifiés
M. Bratuianu fait d’ailleurs remarquer que les immigrants qui passent par le processus d’Immigration Canada ont eux-mêmes une formation recherchée par le pays avant d’y faire leur entrée. Il avait lui-même étudié en mathématiques et en physique avant son départ de la Roumanie, en 2000. C’est en terminant sa francisation au Cégep Saint-Laurent qu’il s’est intéressé à l’électronique pour ses perspectives d’avenir.
Dans la Vallée-du-Richelieu, la majorité des immigrants étaient d’ailleurs des immigrants économiques comme Mihai Bratuianu, sélectionnés pour leurs capacités à contribuer à l’économie du pays, selon le dernier recensement. «La plupart des immigrants sont bien formés, dit-il. Ils ont de l’expérience dans leur domaine. Ceux qui passent par le processus d’immigration doivent obligatoirement avoir un métier recherché au Canada.»

Des avantages
Pour le chef d’entreprise, le fait d’avoir une main-d’œuvre diversifiée a certainement des avantages. Parmi ceux-ci, il cite la capacité de parler plusieurs langues, de mieux s’adapter à la clientèle et une facilité avec la résolution de problèmes.«Ça nous aide beaucoup, parce qu’ils amènent un bagage, un cadre de référence différent, par une expertise différente de quelqu’un qui est ici de souche», explique Mario Séguin. D’ailleurs, c’est pour cette raison que les bureaux de l’entreprise sont à aire ouverte pour favoriser ces échanges entre collègues. n

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