25 avril 2018
L’hôpital Honoré-Mercier fait ses propres démarches pour recycler
Par: Karine Guillet

Le réseau de santé contribue aussi à améliorer l’impact de son empreinte écologique. En plus d’un projet de recyclage de plastique médical unique en son genre, le réseau travaille à intégrer la collecte des matières organiques à ses installations.

Depuis 2016, le Centre intégré de santé et de services sociaux Montérégie-Est (CISSSME) récupère dans ces hôpitaux les plastiques des bouteilles d’eau stérile, des contenants en hygiène et salubrité, des emballages de matériels stériles, des emballages de gants et bidons d’hémodialyse. Tout ceci grâce à une collaboration avec l’organisme Santé Synergie Environnement et Recyc-Québec.

À l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe, les départements d’endoscopie, d’hémodialyse, l’unité de retrait des dispositifs médicaux et la salle d’opération participent au projet. Sept départements de l’hôpital Pierre-Boucher, dont l’urgence qui s’est portée volontaire, participent aussi à la démarche.
Les plastiques médicaux ne sont pas assimilables dans les collectes sélectives, notamment en raison de leurs formes particulières, mais aussi d’une fausse croyance voulant que tout le plastique des hôpitaux soit contaminé. Dans la réalité, une bonne portion de plastiques générés dans les hôpitaux est stérile, explique Nathalie Robitaille, directrice adjointe chez Santé Énergie Environnement. Pour trouver d’autres avenues, le réseau de la santé a réalisé une caractérisation des types de plastiques produits à l’hôpital Pierre-Boucher. Les plastiques admissibles sont ensuite triés avant d’être acheminés au recycleur, qui le granule pour la revente.

«Notre objectif, en gestion de matière résiduelle, c’est d’acheminer le moins de matières possible à l’enfouissement, explique France Le Blond, directrice adjointe des services techniques, volet services d’hôtellerie au CISSSME. D’une part, c’est gagnant au niveau de l’environnement, mais aussi au point de vue économique puisqu’on arrête de payer ces tonnes métriques là pour les envoyer à l’enfouissement.»

En expansion
La pharmacie et les laboratoires de Saint-Hyacinthe devraient aussi se joindre au projet bientôt. L’objectif est d’intégrer tous les départements, alors que chaque unité génère au moins un type de plastique recyclable. «Notre objectif est de recycler l’ensemble des plastiques, explique Mme Robitaille. C’est ce qu’on vise, mais ça va être dans combien d’années, je ne sais pas. Il faut aussi que l’industrie suive.» Elle rappelle qu’il y a aussi un enjeu de transport, parce que les plastiques, légers, prennent toutefois beaucoup de place.

Le CISSSME effectue présentement des tests avec son recycleur pour le traitement des sacs de soluté et de tubulures, en PVC, pour lequel il y aurait peut-être un acheteur. Les blocs opératoires de Pierre-Boucher et d’Honoré-Mercier participent à la démarche, qui pourrait être novatrice dans le domaine si les résultats sont concluants.

Compostage
Le CISSSME travaille de concert avec la MRC de la Vallée-du-Richelieu pour intégrer à la collecte sélective les établissements du territoire, dont le Centre d’hébergement Marguerite-Adam et le CLSC de Belœil. Le plastique, le verre et les métaux y sont déjà recyclés par collecte privée, mais la collecte organique pourrait éventuellement y faire son apparition. Le Centre d’hébergement de Belœil deviendrait donc le troisième du réseau de santé, après ceux de Contrecœur et de Varennes, à se tourner vers le compostage.
Le CISSSME souhaite aussi composter dans les trois centres d’hébergement et l’hôpital de la MRC Pierre-de-Saurel.

Matelas
Depuis quelques mois, le Centre intégré fait également affaire avec une compagnie qui collecte les matelas usés. Recycler un matelas coûte environ 10 $, en plus des frais de transport, soit six à sept fois moins cher que le coût de l’enfouissement.
Le réseau de santé génère une bonne quantité de matelas usés chaque année, par mesure d’hygiène. Environ 98 % des matelas peuvent être recyclés, ce qui a permis au centre de santé de collecter entre 100 et 200 matelas dans l’ensemble de son réseau en quelques mois seulement.

 

Un recyclage à vocation sociale

Depuis 2014, le recyclage revêt aussi une deuxième mission aux hôpitaux Pierre-Boucher et Honoré-Mercier, alors qu’il permet d’employer des personnes vivant une exclusion du marché du travail (Ateliers Transition, à Saint-Hyacinthe) et des troubles de schizophrénie (d’un Couvert à l’autre, à Pierre-Boucher).

Le réseau de santé a conclu un partenariat avec Ateliers Transitions à Saint-Hyacinthe, où les stagiaires sont responsables de déchiqueter le papier de l’hôpital et de récupérer le plastique. À Pierre-Boucher, les papiers de l’hôpital y sont déchiquetés et les métaux lavés pour le recyclage. Le plateau de travail s’occupe également de trier le plastique pour le recyclage.

La démarche a permis de réduire de 50 % les frais liés à la destruction de documents à l’hôpital maskoutain. Le système de santé constate d’ailleurs que les ateliers de travail ont eu un impact positif sur les stagiaires à Pierre-Boucher, qui tendent à être moins hospitalisés. «Économiquement, c’est gagnant, environnementalement c’est gagnant; mais c’est surtout gagnant socialement. On a plusieurs témoignages de gens qui nous disent à quel point ça a changé leur vie», explique Mme Le Blond.

L’hôpital Hôtel-Dieu de Sorel pourrait lui aussi bientôt avoir son plateau de travail. Le CISSSME étudie la possibilité de créer un plateau de travail extérieur, comme à Saint-Hyacinthe, avec le Carrefour Jeunesse Emploi.

 

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