27 février 2019
Les vagues de Madame De Courval et les nôtres
Par: L'Oeil Régional

Mme Claudia De Courval, Service du génie de la Ville de Belœil,

À l’Association des riverains du Richelieu, nous avons été étonnés par votre déclaration parue dans L’Œil Régional du 6 février dernier sous la signature de Sarah-Eve Charland, au sujet de la stabilisation des berges à Belœil.
« Contrairement à la croyance populaire, y dites-vous, les plus hautes vagues sur la rivière Richelieu sont causées par le vent et non par les bateaux. » Cette affirmation nous plonge dans l’embarras, car c’est justement sous la pression de cette « croyance populaire », il y a 2 ans, que le député fédéral Xavier Barsalou-Duval a cru bon réunir un groupe de citoyens de son comté préoccupés par les effets du batillage qu’ils trouvaient, eux, dévastateurs pour les talus attenants à leurs terrains et à leurs installations privées. C’est là d’ailleurs que l’Association des riverains du Richelieu est née, avec comme mission de conscientiser les plaisanciers sur l’impact de leur navigation.
Venant d’un service de génie de la Ville, nous serions tentés de croire qu’une telle affirmation repose sur une étude sérieuse. Auquel cas, pouvons-nous nous rencontrer pour la partager? Car vous le devinez bien, pour le moment du moins, nos connaissances sont aux antipodes des vôtres.
Nous convenons que le vent produit du batillage. Des vagues peu dommageables cependant comparées à celles de wakeboats ou de yachts de 40 ou 50 pieds, qui peuvent facilement faire un mètre. Les observations des riverains se résument souvent ainsi : les bateaux, de plus en plus gros et de plus en plus puissants, génèrent des vagues de plus en plus destructrices. Et la récente mode des wakeboats est venue empirer le problème en créant des trains de vagues croisées qui percutent les berges et les déstabilisent.
Nos observations ont d’abord été recueillies sur une base empirique, fondées sur l’observation terrain des pêcheurs et des propriétaires inquiets de voir leurs propriétés dépréciées. Mais nos autres données viennent d’études plus scientifiques qui tirent toutes des conclusions sévères sur les effets du batillage dans les lacs et rivières : l’une réalisée par l’Université du Québec à Montréal sur les lacs Memphrémagog et Lovering, publiée en 2014, une autre réalisée par le ministère des Transports en 2011 et la dernière réalisée par le COVABAR.

Raynald Collard
Association des riverains du Richelieu

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