23 septembre 2015
Les randonneurs imprudents coûtent cher
Par: Karine Guillet
L'équipe des pompiers araignées de Mont-Saint-Hilaire.

L'équipe des pompiers araignées de Mont-Saint-Hilaire.

SÉCURITÉ. Les opérations de sauvetage à flanc de montagne pour secourir des randonneurs égarés en zone interdite mobilisent des dizaines d’intervenants et coûtent des milliers de dollars à la ville.

La ville de Mont-Saint-Hilaire a dépensé pas moins de 11 000$ cette année pour porter en aide aux randonneurs délinquants, en plus des frais engendrés  pour la mobilisation d’un hélicoptère à la Sûreté du Québec. La dernière opération, pour secourir deux randonneurs de Drummundville la semaine dernière, a coûté à elle seule entre 2600 à 3000$.

Régisseur à la Réserve naturelle Gault, Marc-André Langlois estime qu’une opération en juin dernier pour secourir quatre randonneurs égarés sur un sentier non balisé a mobilisé pas moins de 62 personnes, incluant le répartiteur, la Sûreté du Québec, la ville, le Centre de la Nature et l’Université McGill. L’intervention d’un hélicoptère de la SQ avait même été nécessaire. «C’est une soixantaine de personnes impliquées de près ou de loin. Les gens ne se rendent pas compte de ce que ça implique une opération d’envergure comme ça», déplore-t-il.

Au cours trois dernières années, les pompiers de Mont-Saint-Hilaire se sont déplacés plus d’une dizaine de fois par année pour porter assistance à des randonneurs, égarés ou non. Cette année seulement, trois des neuf interventions des secours de la Ville se sont déroulées en territoire interdit aux randonneurs, ce qui complique la tâche aux secouristes. «Toute intervention de sauvetage est complexe, risquée et dangereuse; mais il est vrai qu’en zone interdite, les risques sont plus élevés puisqu’elles doivent s’effectuer en dehors des sentiers», explique Pierre Tadros, porte-parole de la ville de Mont-Saint-Hilaire.

McGill songe aussi à facturer

Fâché contre les randonneurs imprudents, la maire de Mont-Saint-Hilaire, Yves Corriveau, a mentionné à plusieurs reprises qu’il songeait à facturer le coût des opérations de sauvetage aux visiteurs qui s’aventurent en zone interdite et se retrouvent coincés.

M. Langlois croit que la pensée du maire fera éventuellement consensus auprès des gestionnaires de parcs, services de sécurité incendie et municipalités. Il confie d’ailleurs que l’Université McGill se questionne depuis plusieurs années sur le sujet. Il soutient toutefois que cette décision s’accompagne d’un processus plus long.  

«Ça implique un paquet d’actions. On ne peut pas faire ça du jour au lendemain. Ça prend une procédure pour que ce soit fait de façon légale. Il faut aussi avoir les moyens de collecter.»

Situation particulière

L’Œil Régional a recensé peu d’autres cas de randonneurs égarés en détresse sur d’autres montagnes. M Langlois croit que cette situation particulière au mont Saint-Hilaire peut s’expliquer notamment par la topographie de la montagne, le nombre élevé de visiteurs et sa situation géographique.  «Saint-Hilaire est la plus haute des Montérégiennes. La route nationale passe à la porte et on est à 40 minutes du centre-ville de Montréal.»

Malgré les quelques incidents annuels impliquant des randonneurs égarés, M. Langlois estime que la majorité des gens restent sur les sentiers. La montagne n’a pas eu à composer avec des cas de vandalisme ou préoccupants pour la conservation.

@Ci:«L’opération de juin dernier pour secourir quatre randonneurs égarés sur un sentier non balisé, a mobilisé pas moins de 62 personnes incluant le répartiteur, les gens de la Sûreté du Québec, le personnel de la ville, du Centre de la Nature et de l’Université McGill.»

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