5 juin 2019
Meurtre de Daphné Huard-Boudreault
Les policiers n’ont commis aucun
Par: Denis Bélanger

Une unité mobile de la Régie Richelieu-Saint-Laurent arrivant sur les lieux du crime en mars 2017. Photothèque | L’Œil Régional

Le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a énuméré la semaine dernière les faits et raisons qui l’ont incité à ne pas déposer d’accusations criminelles contre les agents impliqués dans l’intervention policière entourant le meurtre de Daphné Huard-Boudreault, survenu le 22 mars 2017 à Mont-Saint-Hilaire.

Le DPCP, par voie de communiqué, a majoritairement repris l’exposé des faits qui a été présenté devant le tribunal le 2 mai dernier où Anthony Pratte-Lops a plaidé coupable à une accusation du meurtre non prémédité de son ex-petite amie. Le DPCP avait indiqué en mars qu’il ne déposerait aucune accusation, mais s’était fait avare de détails, puisque le dossier était encore devant les tribunaux. Rappelons que le 23 mars 2017, le Bureau d’enquête indépendante (BEI) avait été mandaté de faire la lumière sur l’intervention policière. Plus d’un an plus tard, le BEI avait remis ses observations au DPCP à qui revenait la décision de porter ou non des accusations contre le service de police.

Deux interventions
Le DPCP rappelle que le jour du drame, des agents de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent sont intervenus deux fois auprès de la victime. Des policiers se sont déplacés le matin au lieu de travail de la jeune femme pour répondre à une demande d’expulsion de Pratte-Lops du véhicule de son ancienne copine. Le DPCP est d’avis que les policiers n’ont commis aucun manquement, car ils se sont assurés que Daphné Huard-Boudreault était en sécurité ainsi que l’individu avait quitté les lieux.

Quelques heures après cet événement, Daphné Huard-Boudreault s’est présentée au poste de police vers l’heure du midi pour récupérer des mots de passe qui avaient été piratés par Anthony Pratte-Lops. La jeune fille ne tient pas à porter plainte et a informé une policière qu’elle irait récupérer ses effets personnels dans le logement de la rue Forest qu’elle partageait avec Pratte-Lops. L’agente insiste pour accompagner la jeune femme, même si cette dernière se montre réticente. Cette insistance de la policière a amené aussi le DPCP à conclure qu’aucune faute grave n’avait été commise.

La missive du DPCP décrit aussi le fil des événements du moment où Daphné Huard-Boudreault et la policière quittent le poste de police par des portes et véhicules différents pour se rejoindre à l’appartement de la rue Forest. La policière est arrivée sur les lieux six minutes plus tard et a eu de la difficulté à repérer le logement.

« Elle localise le véhicule de la jeune femme, mais celle-ci ne s’y trouve plus. La policière suit des traces de pas vers l’arrière de la résidence concernée. La policière se rend à l’arrière de la maison et regarde par la porte-fenêtre, peut-on lire dans le communiqué. Elle constate que les lieux ne semblent pas habités par un jeune couple. Elle constate ensuite qu’il y a une entrée indépendante au sous-sol qui ne porte pas d’adresse civique distincte. Elle frappe et n’obtient aucune réponse. Elle communique sur les ondes radio pour avoir une adresse valide et retourne voir à la même porte. Lorsqu’elle tente d’ouvrir la porte, elle voit une ombre au bas de la fenêtre. Étant dans un endroit exigu, elle remonte les marches. »

Après qu’elle ait remonté les escaliers, la porte s’est ouverte et la policière a aperçu l’accusé, les mains ensanglantées, lui sommant de l’arrêter.

Rappelons qu’à la suite de son plaidoyer de culpabilité, qui a été fait quelques jours avant que le procès commence, Anthony Pratte-Lops a été condamné à la prison à perpétuité avec un temps d’attente de 18 ans de prison avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

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