12 avril 2016
Les policiers de plus en plus sollicités pour la santé mentale
Par: L'Oeil Régional
La Régie de police Richelieu-Saint-Laurent est de plus en plus confrontée à des cas de santé mentale.

La Régie de police Richelieu-Saint-Laurent est de plus en plus confrontée à des cas de santé mentale.

Les policiers de la région doivent de plus en plus intervenir auprès de personnes aux prises avec un problème de santé mentale. L’an dernier, la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL) a reçu 885 appels du genre. C’est en moyenne plus de deux appels par jour.

«On est face à un phénomène grandissant, mais qui est assez nouveau, en ce sens que ce n’est pas une réalité qui date de 30 ans», expose le capitaine Yanic Parent à la RIPRSL.

Depuis 2012, le nombre d’appels en matière de santé mentale est en croissance. Il a connu un bond de 34% en quatre ans à la RIPRSL.

Les policiers interviennent auprès de gens déprimés, suicidaires, dépressifs et agressifs. Et les cas sont aussi de plus en plus lourds et violents, observe le capitaine Parent.

À moitié nu

Les policiers sont parfois confrontés à des personnes ayant un trouble psychologique qui ont mélangé drogues, médicaments et alcool, ce qui crée une situation d’agressivité.

Des cas de délire se présentent aussi à l’occasion aux agents. «C’est une situation extrêmement dangereuse où les gens sont vraiment en délire. Souvent, ils ont chaud, ils sont complètement déshabillés, ils sont en sueur. Ils sont déconnectés de la réalité. C’est très violent comme contexte», explique Yanic Parent.

En mars, les policiers ont dû intervenir à Sainte-Julie auprès d’un homme de 31 ans qui était à moitié nu. Il était dans un état de délire et avait les facultés très affaiblies. L’homme entrait et sortait des choses de sa voiture en hurlant.

Embaucher un intervenant?

Ce genre d’interventions oblige les policiers à jouer à la fois un rôle de psychologue et de travailleur social, en plus de devoir parfois utiliser la force.

«Ce n’est pas facile pour le policier. C’est une nouvelle réalité qui demande beaucoup de jugement, beaucoup de doigté», expose le capitaine Parent.

Les policiers ont un minimum de formation et de connaissances pour intervenir. Mais avec la hausse des appels pour des cas de santé mentale qui touche plusieurs corps policiers de la province, la RIPRSL cherche à mieux outiller ses agents.

La Régie regarde ce qui se fait ailleurs au Québec comme à Sherbrooke. Le service de police sherbrookois et le centre de santé et des services sociaux ont mis sur pied un projet-pilote qui consiste à jumeler un travailleur social à une équipe policière à certains moments de la semaine afin d’orienter notamment les personnes en situation de crise aux bonnes ressources selon leur état.

À l’heure actuelle, la section socio-communautaire de la RIPRSL s’occupe de faire des suivis auprès des personnes qui ont demandé des interventions policières récurrentes.

Avec les proches ou les ressources disponibles, les agents tentent d’aider ces personnes afin d’éviter que la situation dégénère, indique Yanic Parent.

Nombre d’appels en matière de santé mentale à la RIPRSL

2012:660

2013:667

2014:766

2015:885

 

«L’ultime ressource c’est l’hôpital»

Lors d’une intervention impliquant un cas d’état mental perturbé, les policiers doivent souvent amener la personne à l’hôpital. «On est dans un système qui offre peu d’options à certaines occasions. Au beau milieu de la nuit, l’ultime ressource c’est l’hôpital», fait valoir le capitaine Yanic Parent, à la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent.

En vertu de la loi P-38, les policiers peuvent contraindre une personne à se rendre dans un établissement de santé si son état mental représente un danger pour elle-même ou pour les autres dans l’immédiat.

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