1 octobre 2020
Les propriétaires investissent dans leur cour
Les piscines se sont multipliées dans la région
Par: Sarah-Eve Charland

Les installations de piscine se sont multipliées dans la région. Photo gracieuseté | Trévi

Les propriétaires de maison ont investi massivement dans leur cour. Le nombre de permis de piscine et de spa a connu une hausse marquée cet été, une manne pour les entreprises de piscine de la région qui ont eu du mal à répondre à la demande.

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À Belœil, la valeur totale des piscines et des spas installés entre avril et septembre 2020 s’élève à 1 611 734 $. La Ville a octroyé 126 permis, qui représentent 5000 $ en revenus. L’année précédente, elle avait remis 88 permis de piscine et de spa pour la même période pour une valeur totale de 1 200 428 $.

La Ville de Mont-Saint-Hilaire avait délivré 36 permis de piscine et de spa en 2019. Cette année, elle a délivré plutôt 53 permis. La valeur des piscines et des spas construits est passée de 1 077 724 $ en 2019 à 1 310 053 $ en 2020.

Restreints dans leurs voyages, les propriétaires de maison ont plutôt choisi d’investir dans leur cour, remarquent les entrepreneurs de la région. Frédéric Dussault, le propriétaire de Piscine Plaisir H2O, une entreprise spécialisée dans les toiles de piscine, assure avoir connu une saison exceptionnelle.

« Pour nous, une grosse saison, c’est quand l’hiver a été difficile. Il y a beaucoup de piscines qui ne traversent pas les intempéries. Mais cette année, c’est un autre phénomène. Les gens investissaient beaucoup sur leur terrain. Ce n’est vraiment pas commun comme saison. Du point de vue des commandes, je dois avoir eu un bon 35 % de plus en ventes », estime M. Dussault.

Le directeur marketing chez Trévi, au nom du magasin Piscines Romano magasin associé Trévi, Alain Gravel, fait le même constat. Le début de la saison ne présageait pas tout cet engouement.

« On ne s’en allait pas vers ça. Le mois de mars a été catastrophique. On commençait à parler de fermeture. Le monde n’achetait plus. On a fermé comme la plupart des commerces le 23 mars. On a eu le privilège de rouvrir le 17 avril comme commerce essentiel. C’est là que ç’a été complètement fou. Les gens étaient en ligne devant les magasins. Les gens ne travaillaient pas. On avait des mardis, mercredis et jeudis qui ressemblaient à des samedis. […] Ce n’est pas bien compliqué, les gens qui devaient aller en vacances cet été sont venus porter ces budgets-là à nous, pas juste à nous, mais à nos compétiteurs aussi », affirme M. Gravel.

Personne n’avait vu venir cet achalandage, souligne ce dernier, réduisant ainsi rapidement les inventaires des fournisseurs. « Le plus difficile a été de bien servir tous ces gens, en raison des inventaires, parce que personne n’avait prévu une demande comme ça. On fabrique nos produits. Il a fallu qu’on travaille super fort pour en produire plus pour être capables de servir tous ces clients », ajoute le directeur marketing.

« Mes fournisseurs sont devenus rapidement back order, poursuit M. Dussault. J’aurais pu vendre beaucoup plus que ça. Mon fournisseur n’avait plus rien. Pour ce qui est des piscines hors terre, ça n’a pas pris de temps que mon fournisseur n’en avait plus. Il ne pouvait plus nous en vendre pour qu’on en vende. J’ai mis une croix là-dessus assez rapidement en début de saison. »

L’année a tellement été particulière que le propriétaire de Piscine Plaisir H2O a vu l’émergence d’une nouvelle tendance de piscines artisanales. « Contrairement aux autres saisons, il y a beaucoup de gens qui faisaient des piscines artisanales. Les gens faisaient beaucoup de piscines en bois. Je ne sais pas quel est ce phénomène-là, si c’est une mode ou si les gens voulaient économiser. C’est un phénomène que je n’avais pas vu souvent. C’est sûrement à cause de la pandémie. Les gens veulent investir dans leur cour. »

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