14 janvier 2021
Statut du Club de canotage à la Pointe-Valaine
Les négociations vont droit dans le mur
Par: Denis Bélanger

Les membres du Club de canotage brandissant en mars dernier l’avis d’expulsion envoyé en mars 2020 par la municipalité. Photothèque | L’Œil Régional ©

La Ville d’Otterburn Park et le Club de canotage continuent de ramer à contresens dans le litige portant sur le statut de l’organisme au Centre culturel et communautaire de la Pointe-Valaine. La Municipalité a donné un ultimatum au Club d’accepter une nouvelle entente sous peine de devoir déménager; le Club vient de répliquer avec une mise en demeure.

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Rappelons que les deux parties discutent depuis 2019 pour la mise en place d’une nouvelle entente impliquant le paiement d’un loyer par l’organisme qui bénéficie d’un hébergement gratuit depuis des années. En effet, la Municipalité a signé un acte notarié en 1965 spécifiant qu’elle prenait possession du bâtiment du Club pour 1 $ en échange d’un hébergement gratuit. Le présent conseil municipal est d’avis que l’acte notarié n’a plus d’effet. D’autres élus ont par le passé tenté de faire valoir ce point, mais en vain.

Le dossier a fait les manchettes en mars dernier quand Otterburn Park a envoyé un avis d’expulsion au Club. Cet avis a été suspendu pour reprendre les négociations.

Négociations infructueuses

Les élus ont décidé de mettre la pression sur le Club en adoptant au mois de décembre une résolution imposant un ultimatum à l’organisme. Ce dernier a maintenant jusqu’au 22 janvier pour accepter l’offre de la Ville qui est notamment le paiement d’un loyer annuel de 30 000 $ en plus des taxes. Couvrant une période de 20 ans, l’entente impliquerait aussi une participation des autres villes aux frais d’inscription, mais la subvention serait remise directement aux citoyens sous présentation d’une preuve d’inscription. Otterburn Park s’engagerait ainsi à rembourser 50 % de l’inscription des jeunes pagayeurs de son territoire. Le Club deviendrait aussi propriétaire de la flotte d’embarcation qui appartient à la Municipalité.

Si le Club refuse de signer l’entente, Otterburn Park précise dans la résolution qu’elle prendra les moyens nécessaires pour l’expulser du Centre communautaire de la Pointe-Valaine, cessera toute forme d’aide et lui réclamera un montant pour le loyer de l’année 2020. La Municipalité a pris cette position, car elle juge que le Club persiste à réclamer des conditions incompatibles avec les attentes de la Ville. Elle est d’avis que l’entente proposée au Club est juste et équitable.

Une intransigeance dénoncée

Dans les jours qui ont suivi l’adoption de la résolution du conseil municipal, l’avocat du Club a tenté de faire avancer les choses, mais n’a pas obtenu les résultats escomptés. Une mise en demeure a été envoyée le 8 janvier à la Municipalité pour indiquer que le Club contestera vigoureusement toute démarche pour l’expulser et aussi faire respecter entre autres l’entente de 1965. Il réclame aussi à Otterburn Park une somme due de 6000 $ pour la saison 2019.

Le Club de canotage d’Otterburn s’est dit déçu de l’attitude de la Ville, qui s’est montrée « intransigeante ». Le Club assure qu’il avait d’ailleurs accepté d’embarquer dans l’entente qui proposait un nouveau modèle d’affaires et garantissait une paix pour 20 ans. « Par ailleurs, les allégations de la Ville relativement aux conditions incompatibles réclamées par le Club afin d’en arriver à une entente sont mensongères. En effet, depuis le début des négociations, le Club n’a jamais cessé d’être en mode solution pour tenter d’en arriver à une entente dans l’intérêt supérieur des jeunes de la région. Or, malgré tous les efforts déployés par le Club, nous constatons que la Ville a décidé de refuser tout compromis », peut-on lire dans la mise en demeure dont L’Œil Régional a obtenu copie.

Le journal a contacté le maire Denis Parent à la suite de l’envoi de la mise en demeure. Il a indiqué que le geste du Club de s’engager dans la voie des tribunaux démontre qu’il ne souhaite pas s’entendre.

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