4 juillet 2020
Souvenirs de la guerre froide
Les Jeux olympiques perdus de Michel Piétracupa
Par: Denis Bélanger

Michel Piétracupa lors des Jeux olympiques de Los Angeles. Photo gracieuseté

Si plusieurs athlètes amateurs voient leur rêve olympique être reporté d’un an en raison du coronavirus, l’haltérophile Michel Piétracupa a vu son rêve être brisé en 1980 en raison des tensions de la guerre froide. Heureusement pour lui, l’occasion a été la bonne en 1984 alors qu’il a pu se qualifier pour les Jeux olympiques de Los Angeles.

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Piétracupa est encore bien actif dans la discipline et il doit participer aux prochains championnats des maîtres. Il a aidé à bâtir la renommée du Club d’haltérophilie La Machine Rouge de Saint-Hyacinthe, qui a produit une multitude de bons haltérophiles pour la région Richelieu-Yamaska. Il a même entraîné plusieurs jeunes, dont ses neveux, les Hilairemontais Maxime et Anthony Desjourdy.

Les Jeux de 1980 se tenaient à Moscou, à l’époque de l’URSS. L’État communiste a toutefois envahi l’Afghanistan et les États-Unis ont décidé de boycotter ces Jeux. Plusieurs pays du bloc de l’Ouest ont imité les Américains, dont le Canada. « C’était frustrant, car le Canada n’avait rien à voir là-dedans. Il se disait un pays neutre et n’aurait pas dû boycotter les Jeux », se rappelle-t-il.

Le boycottage venait de mettre à l’eau huit années de travail. « Ce n’est pas quatre ans que ça prend pour envoyer un athlète aux Olympiques, c’est huit ans. Moi, le déclic a commencé en 1972 aux Jeux de Munich. »

En 1980, Michel Piétracupa avait 20 ans. Il pouvait se consoler avec le fait qu’il aurait une autre chance pour les Jeux de 1984. « Pour ceux qui étaient dans la mi-vingtaine, ils ne reverraient plus une telle chance. À Los Angeles, nous n’étions que deux haltérophiles canadiens qui s’étaient qualifiés pour Moscou. »

De plus, en ayant économisé les frais de voyage à Moscou, la Fédération canadienne d’haltérophilie a pu notamment envoyer les haltérophiles canadiens à une compétition à Hawaï l’automne suivant les Jeux. « On nous avait aussi invités à Toronto et on avait visité la tour du CN. On nous avait gâtés. »

Piétracupa a eu cette deuxième chance aux Jeux de Los Angeles, mais un élément important manquait. En 1984, c’était au tour de plusieurs pays du bloc communiste de boycotter le rendez-vous planétaire. « Nos résultats ont été mieux, mais plusieurs bons pays étaient absents. Nous avons nommé le Club de Saint-Hyacinthe en hommage à l’équipe soviétique qu’on appelait l’armée rouge. »

Blessures et logistique

La pandémie actuelle replonge davantage l’haltérophile dans ses souvenirs de la crise du verglas que du boycottage de 1980. Demeurant à Saint-Hyacinthe, M. Piétracupa avait été privé d’électricité pendant plusieurs jours. Mais le report des Jeux olympiques de Tokyo soulève un tas de questions sans réponses, de l’avis de Michel Piétracupa. « Au niveau logistique, [les organisateurs] vont devoir tenir plusieurs compétitions en même temps. De plus, pour certains athlètes, cela signifie de repousser d’un an leur retraite. Pour certains, ça peut être éprouvant, surtout s’ils ont des blessures. »

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