24 mai 2019
Les jeunes du secondaire
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

50 ans de Polybel. Je n’ai pas grandi ici, mais l’anniversaire de cette école construite en 1969 force chez moi un retour mental d’environ 20 ans en arrière. Oui, déjà 20 ans dans mon cas. C’était en 2000, année du bogue! Vous dire que la fin du secondaire a été bien plus marquante dans ma vie que la fameuse « fin du monde » qui n’a pas eu lieu. Rendez-vous manqué avec l’histoire! Je me demande parfois si ça n’explique pas un peu pourquoi certains climato-sceptiques doutent des « prophètes de malheur ». Mais bon, c’est pour une autre discussion.

Devant le secondaire, difficile de ne pas être trop nostalgique, trop cucul, trop sévère. Juste trop, en fait, comme l’adolescence qui caractérise si bien cette période. Je n’ai pas tant à dire sur mon secondaire. J’ai déjà tout dit de pertinent dans d’anciennes chroniques. Ce que je ne dis pas, je le garde essentiellement pour moi. Et puis, c’était il y a vingt ans. Mes enfants entament à peine le primaire. Je ne sais donc absolument rien de ce qui se passe au secondaire aujourd’hui et j’aime encore croire qu’il vaut mieux se taire si on ne maîtrise pas un sujet. Alors voilà, je vous épargne ma grande analyse du secondaire contemporain.
Mais parler du secondaire, c’est d’abord parler de la jeunesse et si je n’ai pas grand-chose à dire sur mon secondaire, j’aime toujours profiter de l’occasion pour discuter de la jeunesse.
J’entendais encore cette semaine le rappeur et romancier Biz (Loco Locass) rappeler dans une discussion radio son amour des jeunes, un amour si contagieux qu’il m’a converti à sa vision depuis longtemps. Ce même amour qui lui permet d’accepter chez les jeunes bien des excès, car, contrairement aux plus vieux, « ils regardent dans le pare-brise au lieu de regarder dans le rétroviseur ».
Ce même Biz qui combat le cynisme depuis la naissance de ses enfants, disait-il dans une entrevue accordée à l’animateur Richard Martineau aux Francs-tireurs en 2017. Comment pouvons-nous avoir des enfants et leur dire que nous avons seulement un monde triste et pénible à leur donner? « Tu dois à tes enfants un certain optimisme envers le monde », disait-il. Le monde a-t-il encore besoin de plus de cynisme? Lorsque ça va mal, a-t-on besoin de gens qui répètent que ça va mal? Nous avons besoin, dit-il, de gens qui laissent passer la lumière, comme les jeunes.
Dans leur discussion, les deux hommes défendaient une vision diamétralement opposée devant les demandes du printemps érable. Le romancier se voulait galvanisé par les luttes étudiantes et par la mobilisation jeunesse, malgré toutes les contradictions des jeunes; l’animateur et chroniqueur était surtout découragé de cette jeunesse. Il n’est pas le seul. Combien de vieux (j’assume l’âgisme) se pestent devant cette jeunesse « illettrée, nombriliste et toujours le nez dans le téléphone ».
Je ne suis pas vieux, mais je le deviens. Et la seule chose que je souhaite voir en regardant mes enfants (et les jeunes), c’est un avenir plus brillant que le mien.
Ah oui, je m’écarte un peu. Bonne fête Polybel.

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