2 octobre 2020
Bilan 2019-2020 de la Montérégie
Les gens davantage préoccupés par le sort des enfants
Par: Denis Bélanger

Marquée notamment par le décès tragique d’une fillette de sept ans à Granby, l’année 2019-2020 a mené à une hausse de signalements de 20,4 % à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Montérégie. Pour l’ensemble du Québec, il s’agit d’une augmentation de 12 %.

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Du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, 18 033 situations d’enfants ont été signalées comparativement à 14 979 en 2018-2019. Un total de 49 situations d’enfants était signalé par jour, soit huit de plus quotidiennement que l’an dernier. La DPJ régionale note aussi une augmentation de 1 % des signalements provenant de la communauté, soit des gens n’étant pas des intervenants d’un organisme ou membres de la famille, pour se situer à 9 %. La proportion des familles de l’enfant faisant le signalement est restée identique à un taux de 16 %. Les trois problématiques les plus soulevées sont la négligence (29,8 %), les abus physiques (21,2 %) et les mauvais traitements psychologiques (18,7 %).

Cependant, environ un signalement sur trois a été retenu, soit 6025 au total, ce qui représente une baisse de 92 par rapport à l’année précédente. La directrice de la DPJ de la Montérégie, Josée Morneau, refuse toutefois de dire que les gens rapportent des situations inutilement. Selon elle, chaque geste fait une différence et il ne faut jamais hésiter à les poser.

« Il n’y a jamais de signalement qui est fait pour rien. Quand il y en a un, c’est parce qu’il y a une préoccupation pour l’enfant. Il faut se demander si nous sommes toujours la bonne porte d’entrée pour certaines situations », a déclaré la gestionnaire lors d’une conférence de presse tenue pour présenter le bilan 2019-2020 de son organisme.

« Il peut y avoir confusion entre besoin de protection et besoin de service. Un parent peut nous dire qu’il n’y arrive pas ou perd patience, mais ce n’est pas nous qui devons intervenir. Nous avons établi des ponts avec d’autres ressources pour que les familles puissent avoir accès à des services. »

C’est le Réseau local de santé (RSL) de Richelieu-Yamaska qui a enregistré le deuxième plus haut nombre de signalements retenus avec 934 contre 1703 non retenus. L’an dernier, le nombre de cas retenus s’élevait à 796. C’est le RSL Pierre-Boucher qui a retenu le plus de signalements, soit 1070. Ajoutons que 59 % des enfants dont la situation a été prise en charge par les DPJ sont demeurés dans leur milieu familial ou chez des tiers significatifs. Dans Richelieu-Yamaska, c’est 50 % (241) des enfants qui sont demeurés dans leur milieu familial et 9 % (43) qui ont été confiés à un tiers.

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