17 juin 2020
Les enseignants et le personnel de soutien rejettent l’offre du gouvernement
Par: Sarah-Eve Charland

Le président du Syndicat de Champlain, Éric Gingras Photo gracieuseté

Les enseignants et le personnel de soutien de la Commission scolaire des Patriotes ont rejeté en bloc l’offre déposée le 21 mai par le Conseil du trésor dans l’objectif de conclure le renouvellement des conventions collectives dans le domaine de l’éducation. Pour le Syndicat de Champlain, le gouvernement a déposé une offre en utilisant le contexte de pandémie.

Publicité
Activer le son

« Est-ce que le gouvernement se sert de la pandémie pour nous faire passer différentes choses? Poser la question, c’est y répondre. […] Ce n’est pas tout mauvais, mais est-ce que, dans l’ensemble, ça vient améliorer nos conditions de travail? La réponse est non », estime le président du syndicat, Éric Gingras.

Les membres ont rejeté à 95 % les propositions du gouvernement du Québec par le biais d’une consultation en ligne. Mentionnons que le taux de participation pour les membres de la Commission scolaire des Patriotes est de 30 % pour les enseignants et de 10 % pour le personnel de soutien. Selon le syndicat, 97 % des membres tiennent à améliorer leurs conditions de travail et salariales.

Le personnel de soutien a été délaissé dans l’offre patronale, selon le Syndicat. Ce dernier a l’impression que le gouvernement ne juge pas important ces corps de métier. Le personnel de soutien englobe notamment les éducatrices en service de garde, les techniciennes en éducation spécialisée et les concierges.

« On propose d’injecter un montant de 5,7 M$ pour le personnel de soutien et professionnel. Au prorata, on peut estimer qu’environ 4 M$ iront pour le personnel de soutien. C’est vraiment trop peu pour nous. On parlait plutôt de 25 M$ à 30 M$ pour améliorer les conditions du personnel de soutien. Bonne nouvelle, il y a des discussions à la table des négociations, mais le chiffre est beaucoup trop bas », ajoute M. Gingras.

Le Syndicat demande notamment une augmentation à taux fixe en dollars de l’heure et des ratios en service de garde. Le personnel de soutien a réaffirmé à 86 % vouloir négocier une augmentation salariale à taux fixe en dollars de l’heure. L’organisation estime aussi que les propositions du gouvernement augmentent la précarité de ces employés.

Du côté des enseignants, le Syndicat déplore la proposition des salaires différenciés. Le Conseil du trésor a proposé d’ajouter une prime pour enseigner dans les milieux défavorisés. Les membres s’y sont opposés à 81 %, car ils privilégient une bonification équitable pour l’ensemble du corps enseignant, notamment avec une amélioration des salaires à l’entrée de la profession. Les enseignants s’opposent aussi à la bonification des horaires à 40 heures qui est proposée par le gouvernement, mais sans compensation salariale.

Le Syndicat déplore aussi plusieurs absences dans l’offre, dont l’absence d’investissement dans les services aux élèves, l’absence de baisse de ratio dans les classes et l’absence d’allègement de la tâche du personnel.

Les membres du Syndicat de Champlain ont mentionné à 81 % qu’ils sont prêts à recommencer la mobilisation et les moyens de pression sur la place publique.

image