10 octobre 2019
Les élus scolaires décrient le projet de loi 40
Par: Sarah-Eve Charland

La présidente de la Commission scolaire des Patriotes, Hélène Roberge, décrie le projet de loi visant la fin des élus scolaires. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le projet de loi qui vise la fin des commissions scolaires fait craindre le pire aux élus de la Commission scolaire des Patriotes (CSP). Ils s’inquiètent qu’un tel changement puisse affecter la réussite scolaire.

« Ce projet de loi vient modifier de façon importante la structure et la cohérence de notre organisation qui fonctionnent et qui permettent à tout le personnel de la CSP d’orienter leurs actions afin que chaque élève se développe à son plein potentiel », affirme la présidente de la CSP, Hélène Roberge.

Le 1er octobre, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a déposé son projet de loi 40 qui viendrait modifier la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance. Le ministre a l’intention de transformer les commissions scolaires en centre de services et d’abolir les élections scolaires. Les élus scolaires seront remplacés par un conseil d’administration, formé de huit parents et de quatre membres du personnel scolaire, incluant une direction d’école, élus par les membres des conseils d’établissement des écoles. Il sera complété par quatre membres issus de la communauté, pour un total de seize membres. Le tout prendra effet, si le projet de loi est adopté tel quel, le 29 février 2020.

« Le projet de loi que nous présentons aujourd’hui est fidèle aux engagements que nous avons pris. Nous modernisons la gouvernance scolaire en nous inspirant des meilleures pratiques, souligne le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. En un an, nous avons fait plus, beaucoup plus pour notre réseau scolaire. Il est maintenant temps de faire mieux et de doter notre réseau d’une gouvernance digne du 21e siècle. Après des années d’attente, nous remettons enfin les écoles entre les mains de nos communautés. »

La présidente de la CSP assure que l’organisation actuelle a pris des décisions dans le meilleur intérêt des élèves avec une gouvernance de proximité qui a su prouver son efficacité au fil du temps et que la culture de décentralisation est déjà bien implantée. Notamment, les décisions pédagogiques sont prises au niveau des écoles par les équipes-écoles.

Mme Roberge craint une perte d’autonomie décisionnelle et voit clairement un danger à perdre une voix politique et représentative du milieu. « L’élu scolaire représente la population et défend ses intérêts. Ainsi, la gouvernance des commissions scolaires se doit d’être une instance politique où les citoyens d’une région peuvent exprimer leurs attentes et leurs espoirs en éducation aux gens qu’ils ont élus », poursuit-elle.

Cette dernière ajoute que les commissaires assurent une répartition équitable des ressources entre tous les établissements du territoire. La vue d’ensemble et la neutralité des commissaires permettent aux élèves des plus petites écoles de ne pas être pénalisés par rapport aux écoles des plus grandes villes, soit de tout mettre en œuvre pour protéger le bien commun, mentionne-t-elle.

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