24 novembre 2017
Les dos d’âne, derniers recours des municipalités
Par: Karine Guillet

Belœil a reçu l’an dernier six plaintes par rapport à la vitesse dans les rues. Photo : Vincent Guilbault

La vitesse dans les rues est une source fréquente de plaintes dans la majorité des villes du Québec. Si l’installation de dos d’âne est souvent réclamée, les municipalités délaissent de plus en plus cette option pour des solutions préventives.

À Belœil, la municipalité a d’ailleurs adopté une résolution en 2014 afin de limiter l’usage de dos d’âne, après recommandation du comité de circulation. La Ville limite à présent l’installation de dos d’âne dans les zones scolaires ou près d’un parc, à la condition d’un réel besoin et seulement en dernier recours. Elle préfère abaisser la limite de vitesse dans ces zones comme mesure d’apaisement de la circulation.

À Otterburn Park, la porte-parole Stéphanie Julien confirme également que la municipalité restreint l’utilisation des dos d’âne. «Nous tentons de dissuader les gens plutôt que de les restreindre avec des dos d’âne en utilisant, par exemple, un panneau numérique qui indique la vitesse de l’automobiliste», illustre-t-elle. En cas de problématique, la Ville pourrait par exemple restreindre la voie de roulement afin d’inciter les automobilistes à ralentir.

Belœil soutient avoir constaté que l’utilisation de dos d’âne comporte son lot de désagréments. Certains usagers, frustrés de la présence du dos d’âne, avaient parfois tendance à accélérer rapidement après le passage. La présence de dos d’âne incitait également certains jeunes conducteurs à relever des défis (sauter le dos d’âne ou faire crisser les pneus). C’est sans compter que la présence de ces obstacles était propice à la formation de plaques de glace en hiver, compliquait le passage des véhicules d’urgence et provoquait parfois du bruit à la suite du passage de véhicules avec remorques.

Un radar mobile peu utilisé

Dans cette optique, Otterburn Park a d’ailleurs fait l’acquisition d’un radar Doppler mobile qui enregistre la vitesse des véhicules. La Ville l’utilise afin de collecter des informations sur un secteur donné lorsqu’elle reçoit des plaintes au sujet de la vitesse, afin de vérifier si d’autres mesures sont nécessaires. Mme Julien estime qu’environ une dizaine de plaintes de cette nature sont déposées tous les ans à la municipalité, ce qui fait que le radar est peu utilisé.

La municipalité soutient que les problèmes réels de vitesse sont rares. Otterburn Park pense que l’étroitesse des rues donne la perception aux citoyens que les véhicules circulent plus rapidement que dans la réalité.

image