21 février 2019
Les délais de livraison chez Maison Éthier normaux, selon les propriétaires
Par: Sarah-Eve Charland

Le bâtiment à Saint-Basile-le-Grand sera vendu pour payer des dettes. Photothèque | L’Œil Régional ©

Alors que certains clients s’inquiètent des longs délais de livraison des meubles, Maison Éthier assure que le processus est tout à fait normal. Sur le point de vendre ses bâtiments, l’entreprise prévoit remonter la pente au cours des prochains mois.

Des consommateurs se sont inquiétés de ne pas recevoir leurs meubles quelques mois après les avoir commandés dans l’un des magasins Maison Éthier à Saint-Basile-le-Grand et Saint-Jean-sur-Richelieu.

Depuis cet automne, l’entreprise est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

« Cette loi-là a mis des officiers de la [firme d’audit] KPMG chez nous. Ils régularisent toutes nos opérations pour faire en sorte que les dépôts de nos clients ne soient pas perdus. On sauve leurs dépôts. Dans cette opération-là qui va durer à peu près deux mois, les délais pour recevoir les marchandises sont plus longs », explique l’un des propriétaires, Sylvain Bonneau.

L’entreprise doit payer les meubles avant de les commander. Auparavant, elle payait après la réception des meubles chez les clients.

« Le processus s’allonge. Les clients vont recevoir leur marchandise, mais les délais sont plus longs. […] En sachant la situation, les clients se posent des questions et sont inquiets. Je comprends qu’ils soient inquiets, mais ce sont des délais qui sont normaux », assure-t-il.

Pour certains fournisseurs, le délai varie de 6 à 12 semaines. Pour d’autres, les délais peuvent atteindre 24 ou 30 semaines. Notamment, Maison Éthier avait vu son accès refusé aux produits LG. Les avocats de l’entreprise ont dû se battre pendant deux mois pour pouvoir commander à nouveau de ces produits.

« Ça a causé des inconvénients. On est extrêmement déçus de ça. La situation fait en sorte qu’on ne pouvait pas faire autrement. On s’assure de faire [les commandes] le plus rapidement possible. On essaie de sauver une compagnie québécoise de 94 employés », poursuit M. Bonneau.

Andrée Villecourt avait acheté deux électroménagers au début du mois de décembre, dont un faisait l’objet d’une commande. Elle s’inquiétait de ne pas recevoir ses meubles deux mois plus tard, mais a finalement reçu un appel quelques jours avant de mettre sous presse lui affirmant que Maison Éthier avait pu payer le meuble et ainsi le commander.

« Je suis soulagée. Je me garde tout de même une petite réserve tant que je ne les aurai pas sous les yeux. Je pense qu’il faut être patient. Il ne faut pas lâcher. J’ai fait un suivi presque tous les jours tout en restant polie », mentionne-t-elle.

L’Office de la protection du consommateur a reçu 65 plaintes depuis que l’entreprise a été placée sous la LACC. Les plaintes visent le respect du contrat, les pratiques trompeuses ou déloyales et la qualité d’un bien ou d’un service. La plus grande partie des plaintes ont touché la livraison des biens.

Restructurer les magasins

Les ventes des deux bâtiments des magasins sont sur le point de se concrétiser. La vente permettra de payer une grande partie des dettes de l’entreprise. Les nouveaux propriétaires construiront un nouveau bâtiment à Saint-Basile-le-Grand d’ici deux ans. Le magasin s’étendra sur 60 000 pieds carrés au lieu des 176 000 pieds carrés actuels.

« C’était trop gros avec Internet et les nouvelles réalités du marché, ajoute M. Bonneau. Les nouveaux propriétaires vont utiliser une partie des terrains pour des condominiums. Ils vont réaménager Maison Éthier sur le devant de la route 116. On aura un magasin flambant neuf et moderne qui va correspondre au marché. […] Elle est sur la bonne voie pour recommencer à fleurir, Maison Éthier. »

Le magasin à Saint-Basile-le-Grand accueille l’ensemble des meubles en liquidation. On y retrouve 60 000 pieds carrés de meubles en liquidation ou en consignation.
Jusqu’au 22 février, les créanciers doivent se signifier. Par la suite, KPMG va faire une offre aux créanciers. « Après ça, le processus avec LACC devrait se finaliser », conclut Sylvain Bonneau.

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