16 janvier 2019
Les crimes contre la personne augmentent de 60 % dans la région
Par: Sarah-Eve Charland
Le porte-parole de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent pense que la hausse du nombre de crimes contre la personne s’explique principalement par une hausse des dénonciations de la part des victimes. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le porte-parole de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent pense que la hausse du nombre de crimes contre la personne s’explique principalement par une hausse des dénonciations de la part des victimes. Photothèque | L’Œil Régional ©

Les gens ne tolèrent plus la violence dans leur communauté, observe la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent. De 2016 à 2017, le nombre de dénonciations de crimes contre la personne a connu une hausse de 60 % pour atteindre 1165 cas rapportés.

« Je ne peux pas dire exactement pourquoi. Est-ce qu’en réalité il y a plus de crimes? La réponse est probablement non. Il y a plus de gens qui dénoncent. La violence est moins tolérée dans la société aujourd’hui […] Je ne suis pas découragé de voir ça. Je me dis que ce sont peut-être des crimes silencieux qu’on ne savait pas à l’époque », croit le capitaine au département sociocommunautaire à la Régie, Francis Lepage.
Les cas de voies de fait, de harcèlement et de menaces sont les crimes ayant connu les plus grandes augmentations en 2017 selon le dernier rapport annuel publié par le corps de police, en décembre dernier. Les statistiques de 2018 ne sont pas encore comptabilisées.Les nombreux exemples médiatisés ont sensibilisé la population, croit le capitaine. Le meurtre de Daphné Boudreault à Mont-Saint-Hilaire en mars 2017 aurait notamment eu un impact.
« À la suite de ça, il y a eu une mobilisation. Ce n’est pas que les gens ne prenaient pas ça au sérieux avant, mais ils ont vu qu’on avait les ressources pour les aider. […] Je pense que tout passe par la prévention en expliquant aux gens que dénoncer, c’est mieux. Qu’on a des filets sociaux pour les protéger. Souvent les gens ont peur de la suite. Il faut leur expliquer qu’on va les protéger au niveau social », poursuit-il.

Éduquer pour prévenir des crimes
Pour y arriver, la Régie a établi plusieurs partenariats avec des organismes de la région, que ce soit les centres de femmes, de crise ou le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). L’organisation mise également sur la prévention, notamment dans les écoles primaires et secondaires.
« Malgré la hausse, il n’y a pas de stratégie différente. Il n’y a pas de modifications de notre façon de travailler. On fait de la sensibilisation. On commence très tôt les campagnes de sensibilisation dans les écoles. On parle beaucoup d’intimidation, de menaces et de sextos. [En conscientisant] les jeunes, je pense qu’on va voir des résultats dans le futur concernant ces crimes-là, que ce soit haineux ou contre la personne », mentionne le capitaine.
La dernière campagne de sensibilisation lancée par le corps policier est « Les SEXTOS, c’est de la PORNO! », un phénomène en émergence dans la région. La campagne de sensibilisation vise les jeunes de 12 à 17 ans.
« C’est un fléau incroyable. Les jeunes disent qu’ils ne feront jamais ça, mais on en voit tellement qu’on se dit que ça n’a pas de bon sens. On recommence encore [la sensibilisation]. On s’assure que le message est bien compris. On s’assure d’élargir nos campagnes en envoyant des lettres aux parents, ce qu’on ne faisait peut-être pas dans le passé », souligne M. Lepage.

Les crimes contre la propriété en baisse
Le nombre de crimes contre la propriété est passé de 1501 en 2016 à 1416 en 2017. Cela inclut les introduction par effraction, les vols dans les véhicules et les méfaits. La Régie a constaté que ce type de crime est en baisse depuis plusieurs années déjà.

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