17 septembre 2020
Mont-Saint-Hilaire
Les conseillers veulent une élection partielle, mais pas le maire
Par: Denis Bélanger

Hôtel de ville de Mont-Saint-Hilaire.

La majorité des élus de Mont-Saint-Hilaire demandent à Québec d’autoriser la tenue cet automne d’une élection partielle pour pourvoir le siège de conseiller du district de la Seigneurie, siège vacant depuis le début de l’année. Une position que ne partage toutefois pas le maire Yves Corriveau, alors que ce scrutin se tiendra à moins d’un an du déclenchement des élections municipales générales de 2021.

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Les résidents du district 5 sont sans conseiller depuis le 22 février à la suite de la démission de Christine Imbeau. Cette dernière a évoqué des raisons personnelles pour se retirer de la vie publique. L’élection partielle devait avoir lieu le 14 juin, mais la pandémie de la COVID-19 a complètement bousillé le calendrier.

Le 8 septembre dernier, les élus ont adopté une résolution pour presser la ministre des Affaires municipales de statuer sur une date de scrutin pour cet automne. Les élections municipales générales sont fixées au 7 novembre 2021 et le déclenchement des élections au 24 septembre.

« Cela fait depuis trop longtemps que le district 5 est sans conseiller et que les citoyens ont besoin d’avoir leur conseiller. Il reste encore 13 mois. De plus, la démocratie doit toujours prévaloir », a dit l’élue Brigitte Minier.

« La démocratie n’a pas de prix et le droit de représentation doit prévoir en tout temps, même en pandémie. C’est bon aussi d’apporter du sang neuf à la table pour amener de nouvelles idées et faire évoluer les débats », a ajouté Louis Toner. Émile Grenon Gilbert et Sylvain Houle ont également signifié leur accord. Jean-Pierre Brault était toutefois absent lors de l’adoption.

Beaucoup de désavantages

Le maire Yves Corriveau reconnaît que les lois permettent aux conseillers de demander un scrutin et que les gens du district ont le droit d’être représentés. Cependant, il est inquiet pour la santé des gens alors que le gouvernement clame depuis un certain temps l’éclosion d’une deuxième vague de la COVID-19. « Nous aurions très bien pu fonctionner à cinq conseillers jusqu’aux prochaines élections. Je suis certain que si on posait la question ou qu’on faisait un sondage, les citoyens nous répondraient qu’ils ne veulent pas [d’une élection] partielle. Je suis pour, mais aussi contre », a commenté M. Corriveau en entrevue avec L’Œil Régional.

Le maire ajoute que le contexte de la COVID-19 et les mesures sanitaires à appliquer entraîneront une hausse de la facture. Le budget initiale de l’élection était fixée à 45 000 $. Selon la Ville, l’élection peut coûter jusqu’à 15 000 $ de plus dans le contexte actuel.

Un agenda politique?

M. Corriveau fait aussi remarquer que l’une des seules personnes à s’être manifestées publiquement ces derniers mois pour solliciter le siège vacant est un ancien candidat, Hugo Gendron. Ce dernier s’était présenté en 2017 dans le district 5 sous la bannière du même parti politique que Louis Toner, rappelle aussi le maire. Le journal a tenté de contacter M.Gendron pour vérifier son intérêt, mais il n’avait pas rappelé le journaliste au moment de mettre sous presse.

M. Toner assure que son appui à la résolution n’a pas pour but de favoriser un candidat. « J’ai entendu plusieurs noms de personnes intéressées. Le maire a peut-être peur d’avoir une autre personne de forte opposition autour de la table. »

Rappelons aussi qu’Yves Corriveau a indiqué le printemps dernier qu’il ne présenterait aucun candidat de son parti Avenir Hilairemontais dans une éventuelle élection partielle. Une annonce faite à la suite de la controverse suscitée autour des appels aux aînés. L’administration municipale avait eu l’initiative d’appeler les personnes âgées durant le confinement. Le maire s’était proposé de faire des appels et avait demandé qu’on lui fournisse la liste des aînés du district. La manœuvre avait été critiquée par les autres élus et il a finalement été décidé que seuls les employés effectueraient les appels. Les conseillers avaient aussi envoyé une plainte au Directeur général des élections du Québec, qui n’a pas été retenue.

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