18 juillet 2018
Ambitieux projet de Mélisande [électrotrad]
Les chansons des berges du Richelieu à l’honneur
Par: Olivier Dénommée
Mélisande [électrotrad] est en tournée ce mois-ci en Ontario et en Californie, mais sera de retour pour un spectacle gratuit à Belœil le 2 août à 19h30 dans le cadre des Rendez-vous des Cigales. Un nouveau vidéoclip pour la chanson «Sur la rintintin» a aussi récemment vu le jour. Photo: François Larivière

Mélisande [électrotrad] est en tournée ce mois-ci en Ontario et en Californie, mais sera de retour pour un spectacle gratuit à Belœil le 2 août à 19h30 dans le cadre des Rendez-vous des Cigales. Un nouveau vidéoclip pour la chanson «Sur la rintintin» a aussi récemment vu le jour. Photo: François Larivière

Pour son premier album, le projet Mélisande [électrotrad] avait fouillé des recueils de chansons traditionnelles. Le groupe est allé plus loin avec son deuxième album, consultant des enregistrements sur bobines ou rouleaux de cire jusqu’à la Library of Congress à Washington… Pour un troisième enregistrement studio, les musiciens ont décidé d’aller à la source et de rencontrer les chanteurs eux-mêmes pour découvrir les chansons qui les ont marqués. Plus d’une quinzaine ont déjà répondu à l’appel.

C’était la suite logique pour Mélisande, composé du couple Mélisande Gélinas-Fauteux et Alexandre Moulin de Grosbois-Garand, qui cherche toujours à faire honneur au trad québécois tout en lui donnant un enrobage plus actuel. «Symboliquement, on voulait ratisser les 25 municipalités longeant la rivière Richelieu, de Lacolle jusqu’à Sorel, pour rencontrer des gens et entendre leurs chansons, explique la chanteuse Mélisande. C’est assez colossal!» La première étape a été de prendre contact avec les associations des Chevaliers de Colomb, des FADOQ et de la Légion royale canadienne de la région pour rencontrer les gens qui se souviennent de quelques chansons, mais les recherches se poursuivront jusqu’en mars. L’initiative est appuyée par le Conseil des arts et des lettres du Québec et par le Conseil des arts du Canada.
Le défi, à l’ère du numérique, est de trouver de véritables chansons trad. «Il arrive souvent que les gens pensent avoir une chanson trad, mais qu’elle se trouve dans les livres de La Bonne Chanson, ou qu’en “googlant” les paroles, on se rend compte que c’est une chanson de La Bolduc par exemple. Mais récemment, on a entendu une version inédite de “Trois beaux canards s’y vont baignant”, avec la même histoire, mais différentes paroles et une différente mélodie», explique Alexandre.

Sauvegarde du patrimoine
Le projet a deux buts avoués: en plus de découvrir du matériel qui pourra être repris dans un troisième album à paraître en 2019, les membres de Mélisande [électrotrad] souhaitent léguer le résultat de leurs recherches à un fonds d’archives, incluant les entrevues avec les personnes rencontrées. «C’est important pour nous de savoir la place qu’occupait cette chanson dans leur vie et c’est parfois encore plus intéressant d’entendre leur histoire que la chanson elle-même!», assure la chanteuse. Elle croit que c’est aussi une occasion parfaite pour valoriser ces gens et leur répertoire. «Probablement que ce projet-là ne se terminera jamais». Le duo admet déjà réfléchir à une suite à ce projet, mais ne sait pas encore quelle forme elle pourrait prendre.

Un pont
À l’aide des premières chansons collectées, Mélisande [électrotrad] a déjà réalisé quelques maquettes dont les arrangements aux tendances électro et hip-hop sont imaginés par Alexandre. «On fait un pont entre les générations passées et la génération actuelle. Notre son fait partie de la mouvance actuelle, mais on garde nos racines trad», insiste le multi-instrumentiste, lui-même issu d’une lignée de musiciens traditionnels.
La quête se poursuit et les résidents comme les natifs des berges du Richelieu sont invités à prendre contact avec les membres de Mélisande sur le site www.melisandemusic.com afin de les rencontrer pour partager leur histoire et leurs chansons.

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