20 juin 2019
Les campagnes de financement essentielles à la survie de L’Arche
Par: Sarah-Eve Charland

Photo gracieuseté | Jonathan Boulet-Groulx

L’organisme L’Arche Montérégie s’est vu dans l’obligation de lancer une nouvelle campagne de financement afin d’assurer le maintien de ses différents services. Depuis 2017, l’organisation a vu ses subventions gouvernementales augmenter de 4 %, mais le salaire minimum a augmenté de 15 %.

Chaque année, L’Arche Montérégie organise de nombreuses activités d’autofinancement comme la campagne de financement de Noël, le concert-bénéfice et le marchethon. Malgré tout, elle doit composer avec un manque à gagner de 50 000 $.

L’autofinancement représente 20 % du budget de l’organisme. Les subventions gouvernementales représentent 47 % des revenus. Près de 25 % du budget provient des pensions, des logements des assistants et des programmes d’activités. Les dons s’élèvent à 8 %.

« On ne peut pas vraiment augmenter le montant que les personnes accueillies payent chaque mois. C’est par campagne de financement qu’on réussit à boucler nos budgets. […] On doit maintenant élargir à deux campagnes parce que notre situation financière est difficile présentement. Plus ça va, moins ça va bien au niveau financier », maintient la responsable de l’Arche Montérégie, Marie Fréchette.

L’organisme embauche environ 20 personnes, dont certaines à temps plein. En plus de faire face à une pénurie de main-d’œuvre, le personnel doit travailler davantage pour maintenir tous les services en place. Toutefois, certains projets ont été mis sur la glace comme l’agrandissement de la cuisine d’un des trois foyers pour améliorer les ateliers de cuisine.

L’Arche Montérégie possède trois foyers d’accueil à Belœil. Dix-sept personnes ayant une déficience intellectuelle y séjournent de façon permanente.

Une situation généralisée

Selon la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Vallée-du-Richelieu, tous les organismes communautaires organisent des collectes de fonds pour compléter le financement. Pendant quelques années, le financement gouvernemental des missions de base des organismes a été gelé.

Même si le milieu communautaire a connu un rehaussement des budgets au cours de la dernière année, cela n’a pas permis de récupérer les pertes engendrées les autres années, souligne la directrice générale de la CDC, Andrée-Anne Blouin.

« L’autofinancement, ça a toujours été une source de financement, si on peut dire. Avec l’austérité, il n’y avait pas eu de rehaussement des subventions des organismes communautaires. […] Ce n’était même pas possible d’offrir une hausse salariale parce qu’il n’y avait aucune indexation. Surtout en contexte de pénurie de main-d’œuvre, c’est un enjeu important », poursuit Mme Blouin.

Par projet

Des organismes communautaires ont donc choisi de multiplier les projets spéciaux afin d’obtenir des aides financières dédiées à ces projets, ce qui a pour conséquence d’augmenter la charge. En plus d’ajouter des services tout en maintenant les ressources actuelles, les redditions de compte se multiplient.

« La personne attitrée au projet ne va pas nécessairement travailler à 100 % à la mission. Elle va répondre, oui, à un besoin, mais elle va un peu se détourner de sa mission première. Je le vois. Les directeurs d’organismes communautaires sont épuisés à cause de ça. La charge a augmenté énormément. Le financement au projet, c’est temporaire. Souvent, c’est un an ou deux. C’est à recommencer chaque année », observe Mme Blouin.

Même si elle n’est pas prête à dire que ce sous-financement met en péril des organismes de la région, elle estime qu’ils sont fragilisés. « On est toujours très créatif et débrouillard. C’est ce qui fait qu’on s’en sort. Je vois un roulement incroyable des directions parce que la charge est tellement élevée pour les conditions qu’on peut offrir. Pour moi, ça ne met pas en péril l’organisation, mais ça la fragilise », conclut-elle.

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