15 avril 2020
Activités de financement annulées
Les banques alimentaires font appel à la population
Par: Sarah-Eve Charland

Les Chevaliers de Colomb ouvrent maintenant le comptoir de dépannage alimentaire à raison de deux jours par semaine. Photo François Larivière |│L’Œil Régional ©

Les Chevaliers de Colomb ouvrent maintenant le comptoir de dépannage alimentaire à raison de deux jours par semaine. Photo François Larivière |│L’Œil Régional ©

Les banques alimentaires n’ont d’autres choix que de lancer des campagnes de financement pour maintenir en place leurs services. Alors que, d’un côté, elles ont dû annuler leurs activités de financement, de l’autre, les demandes d’aide alimentaire ont explosé.

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Le Grain d’Sel a lancé un appel à la population en mettant sur pied une campagne de financement par le biais de son site internet www.graindesel.ca/#Don. L’organisme s’est vu contraint d’annuler la Course de canards dont l’objectif était de récolter entre 80 000 $ et 100 000 $.

« D’où la nécessité de lancer une campagne de financement. C’est extrêmement important. […] Je pense qu’on n’a encore rien vu. On se prépare à une croissance des besoins. C’est difficile de se préparer alors qu’on ne sait pas où [la société] s’en va dans quelques mois », affirme le président du Grain d’Sel, Louis Aubin.

L’organisme observe une hausse marquée de près de 30 % des demandes d’aide alimentaire. Afin de maintenir en place les services, le Grain d’Sel s’autofinance annuellement à plus de 85 % par l’entremise de dons privés provenant d’activités de financement.

La campagne de financement s’est organisée sous la présidence d’honneur de Luc Bertrand, président d’Accès Location. L’objectif de cette campagne, qui se poursuivra jusqu’au 15 juillet, est d’amasser plusieurs dizaines de milliers de dollars. Les montants recueillis permettront de répondre à la demande croissante et d’assurer la pérennité de l’organisme.

« Dans les moments les plus difficiles, il y a aussi des moments de lumière. On a eu des dons de nourritures. On a eu la confirmation que Centraide nous aiderait. Dans l’adversité, il y a du bon monde », ajoute M. Aubin.

Les demandes doublent aux Chevaliers de Colomb

Les Chevaliers de Colomb connaissent aussi la même réalité. La clinique d’impôt, une des sources de financement, a été annulée. L’organisme a reçu une aide financière du député de Borduas, Simon Jolin-Barrette, et maintient ses services aussi grâce aux dons récoltés à la guignolée 2019. Toutefois, le nombre de demandes a doublé. Les réserves chutent donc deux fois plus rapidement.

« C’est super important. Les gens qui font des dons à la guignolée nous donnent leur confiance. Il faut donc s’assurer qu’on aide les gens dans le besoin. On pose une série de questions. On a serré la vis. On a aussi rationalisé la nourriture. On essaie de convaincre les gens de prendre vraiment ce dont ils ont besoin. Au lieu de prendre deux sacs de farine, tu n’en aurais pas besoin que d’un seul, par exemple? Quand les gens viennent, on est sûr qu’ils en ont besoin pour ne pas avoir de gaspillage », ajoute le Grand Chevalier Claude Lebrun.

Depuis plus d’une semaine, l’organisme a lancé une campagne de financement sur son site internet www.cdecbeloeil.com.

« Ça fonctionne très bien. On a eu des dons de 1000 $ et 500 $. On préfère les dons en argent parce qu’on n’a pas le temps de désinfecter les dons en produits non périssables. Cet argent nous permet d’acheter ce qui nous manque pour compléter les paniers alimentaires », souligne M. Lebrun qui invite tout de même les gens intéressés à donner. Il souligne d’ailleurs que la firme Pierre Fortin et Associés a remis un don de 10 000 $.

Le CAB espère une aide gouvernementale

Le Centre d’action bénévole (CAB) de la Vallée-du-Richelieu s’autofinançait en partie grâce à des activités de financement et par le service de friperie. Pour le moment, l’organisation a choisi de ne pas se tourner vers une campagne de financement. Le CAB souhaiterait mettre la main sur une somme d’argent grâce à un fonds d’urgence lancé par le gouvernement du Québec. Les organismes communautaires considérés comme un service essentiel, notamment le CAB, sont admissibles à ce programme.

« On devrait avoir une réponse sous peu. À la suite de ça, on va évaluer ce qui nous a sera offert pour le maintien de nos activités et pour la suite des choses. […] On commence notre année financière. On se permet de prendre un peu de recul. Pour l’instant, on veut rester prudent. On ne veut pas solliciter les gens trop grandement sachant qu’une bonne partie de la population a perdu son emploi », souligne le directeur général du CAB, Patrick Thibert.

Ce dernier n’exclut pas le recours à une campagne de financement plus tard si cela s’avérait nécessaire.

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