19 mars 2020
Annulation des Olympiques en raison du COVID-19
Les athlètes amateurs essaient de ne pas y penser
Par: Denis Bélanger

Marilou Duvernay-Tardif. Photo gracieuseté

Bruno Marcotte. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le spectre de l’annulation des Jeux olympiques en raison de la pandémie de COVID-19 continue de planer alors que la liste d’événements sportifs perturbés et annulés s’allongent de jour en jour. Mais pour deux athlètes d’ici en pleine préparation pour une qualification, la spécialiste de l’aviron Marilou Duvernay-Tardif et le kayakiste Vincent Jourdenais, l’essentiel est de se concentrer sur ce qu’ils peuvent contrôler.

« J’essaie de ne pas trop penser à ça pour l’instant. Notre tâche est déjà tellement grande. Il faut vraiment se concentrer et être au meilleur de notre forme. On espère que rendu en juin la situation sera contrôlée », assure Duvernay-Tardif.

De son côté, Jourdenais, un ancien du Club de canotage d’Otterburn originaire de Saint-Basile-le-Grand, tient le même discours. « Ma pensée est tant que ce n’est pas arrivé, ça demeure au calendrier. Qu’est-ce qu’on peut-y faire? Rien. Je ne peux que prendre des précautions sur le plan personnel et continuer à m’entraîner. Ça ne sert à rien de gruger nos énergies dans ce que nous ne contrôlons pas. »

Pas la dernière chance
Âgée que de 21 ans, Marilou Duvernay-Tardif sait qu’elle aura des chances de participer aux Jeux olympiques dans quatre et huit ans. L’objectif avait toujours été 2024, mais 2020 est devenu une possibilité quand elle a été invitée cet autonome à participer au pré-camp olympique. Mais elle a beaucoup d’empathie et d’inquiétude pour ses coéquipières. « Ça m’affecte en tant que coéquipière. Tous les autres se sont tellement entraînés fort aux Jeux olympiques », ajoute la rameuse de Saint-Jean-Baptiste.

Vincent Jourdenais est dans une situation semblable. À l’aube de son 23e anniversaire il visait une participation aux Jeux de Paris en 2024, mais une porte s’est ouverte l’an dernier. Il croit en ses chances de se qualifier pour l’épreuve du 1000 mètres en biplace avec son partenaire Brian Malfesi. Mais il est conscient que ce n’est pas tout le monde qui aura une autre chance. « Pour le sport amateur, ce serait un dur coup d’annuler les Jeux. Quatre années de travail acharné qui s’envolent, ça doit être terrible. »

Rappelons que les Jeux olympiques depuis l’ère moderne n’ont été annulés que trois fois, en 1916 en raison de la Première Guerre mondiale, ainsi qu’en 1940 et 1944 en raison de la Deuxième Guerre mondiale. Notons que les Jeux d’été de 1940 devaient justement avoir lieu à Tokyo.

D’autres encaissent déjà une déception
Des athlètes amateurs d’hiver ont déjà eu droit la semaine dernière au goût de la déception, dont les patineurs artistiques. Les championnats du monde qui devaient commencer lundi à Montréal ont été annulés. L’entraîneur de patinage artistique originaire de Belœil, Bruno Marcotte, a partagé cette déception avec ses athlètes. Il avait deux couples sous sa tutelle inscrits à la compétition, soit un du Japon et le duo canadien de Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro. Ces derniers étaient de sérieux prétendants au podium.

« Je m’attendais à ce qu’on nous annonce quelque chose. Je ne voulais toutefois pas nuire à l’entraînement des patineurs. C’est le lendemain de l’annonce de l’annulation que ça me frappait. Je me préparais à aller à l’aréna et je me disais, pourquoi que je m’en vais à l’aréna. […] 95 % des athlètes étaient déjà à Montréal et tout le monde était prêt. » Si des athlètes ont déjà vu leur rêve se briser ou des opportunités s’évaporer en raison de blessure, cette situation constitue du jamais vu de l’avis de Bruno Marcotte.

« On ne sait même pas s’il va y avoir des championnats du monde dans quelques mois. On ne vit présentement pas à terme ce qu’on a entrepris. C’est bizarre comme feeling. Mais cette compétition s’inscrivait aussi dans la préparation des Jeux olympiques d’hiver de 2022. Ce qui fait surtout mal, c’est que ça devait avoir lieu dans notre ville devant nos partisans. »

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