1 novembre 2017
Les artistes préoccupés par l’état du mont Saint-Hilaire
Par: Denis Bélanger

André Michel lors de la présentation des «Actes du Colloque». Photo: Denis Bélanger.

Le Regroupement des artistes professionnels de Mont-Saint-Hilaire (RAP) se préoccupe de l’état de la montagne et estime que des actions concrètes doivent être prises pour freiner sa dégradation. C’est l’un des constats qui ressortent du colloque «La nature en héritage» organisé par le RAP en juin. Le résumé des travaux a été présenté vendredi dernier en conférence de presse.

«Dans tous les commentaires, il est dit qu’il est anormal que l’Université McGill ne fasse respecter avec rigueur que seulement 50 % de la montagne, soit la partie gérée par la Réserve Gault, au niveau de la conservation, de la recherche et de l’éducation, alors que le legs du Brigadier Gault était clair et visait l’ensemble de la montagne», peut-on lire dans le document intitulé Les Actes du colloque. «Pour les personnes qui étaient présentes, la montagne n’est pas un bien de consommation ni un droit acquis par l’achat d’un billet, mais un privilège accordé.»

La première solution proposée est la tenue d’une journée de réflexion sur l’avenir de la montagne pour entre autres revoir l’utilisation de la montagne dans la partie ouverte aux promeneurs. Les participants estimaient que McGill devrait interdire le ski de fond, chose qui a été décidée il y a quelque temps pour entre autres des fins de conservation et des hivers imprévisible, ainsi que la raquette. «La raquette est encore pire que le ski, car les gens en raquette vont marcher où la neige est fraiche», a indiqué le président du RAP, André Michel.

Il y a plein de montagnes où les gens peuvent faire de l’exercice, nous pourrions avoir une vocation différente et plus intérieure pour le Centre de la nature.»

Un autre membre du RAP et candidat aux élections municipales à Mont-Saint-Hilaire, Jean Pierre Bessette II, a ajouté que les administrateurs de la montagne pourraient copier le modèle de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq). «Les gens devraient choisir leur journée pour aller marcher. Ça permettrait de mieux protéger les lieux.»

Les participants ont également proposé de reconnaître et de traiter la montagne comme un lieu sacré et qu’il serait mieux de l’observer que de la grimper. D’ailleurs, les Premières Nations viennent honorer leur divinité en cachette à la montagne sacrée à leurs yeux qu’elles appellent Wigwomadensis. C’est dans cet esprit d’idées que les participants ont recommandé de limiter la promenade jusqu’au lac Hertel ainsi que d’officialiser sur les rives du Richelieu un endroit de choix pour photographier la montagne sacrée. Une autre proposition est d’amener au Centre de la nature la collection de pierres minéralogiques provenant du mont Saint-Hilaire.

Les autres thèmes discutés lors du colloque ont été l’avenir du parc de l’érablière, situé à côté de la Maison amérindienne, et la zone A-16. Dans les deux cas, les propositions avancées ont pour but de préserver la montagne.

Le colloque «La nature en héritage» était le deuxième exercice consultatif organisé en moins d’un an par le RAP. Le 12 novembre 2016, le Regroupement avait tenu un colloque sur la culture. Selon André Michel, l’exercice a porté ses fruits puisque plusieurs recommandations émanant du colloque ont été reprises dans la plateforme électorale du maire sortant Yves Corriveau, dont l’augmentation du budget à la culture, une hausse du soutien financier apporté à Patrimoine Hilairemontais et l’augmentation des heures de la bibliothèque. «Il n’y a toutefois rien sur les musées», a lancé M. Michel.

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